« Le dit du Vent » : restitution de la première phase de création   publié le 04/12/2013


« Le dit du Vent » : restitution de la première phase de création

La restitution de la première phase de création « Le dit du vent » porté par la Cie Yun Chane s’est tenue le vendredi 1er février à l’Institut français de Madagascar.


Le simple plaisir de bouger et de vivre son corps est ici, je crois, ce qui compte le plus. Et le plaisir de danser avec quelqu’un de façon spontanée, non planifiée, libre de créer sans gêner son partenaire. C’est une forme de danse extrêmement inspirante. 

Steve Paxton, sur les ondes de la C.B.C. en mars 1977, cité dans Contact Quarterly, vol. III, n° 1.

 

 Le contact improvisation est la beauté du mouvement naturel combinée à la communication intégrale. 

 Curt Siddall, in Contact Quarterly, vol. III, n° 1.

Animé par la danseuse-chorégraphe réunionnaise Yun Chane, le projet de création « Le dit du Vent » (appellation provisoire) est l’aboutissement d’une résidence de création de trois semaines abritée à l’espace Kintana / Ampasamadinika / Tananarive, avec la participation des danseurs interprètes :

Judith Olivia Manantenasoa / danse contemporaine / Madagascar

Céline Ginet / danse orientale / La Réunion

 Njaratiana Raminasoa alias Saïan / danse hip hop / Madagascar

Sous la direction de Yun Chane, trois danseurs interprètes provenant  d’univers différents se sont rencontrés pour (se) découvrir ensemble d’autres langages chorégraphiques inspirés d’ici et d’ailleurs.

Le travail du corps

Le voyage part de l’impact au langage des fluides, de l’impulse pour atteindre la légèreté des hauteurs afin que les sensations se libèrent des plis du corps et de ceux de l’âme, confie Yun Chane.

Cette restitution est encore une présentation de la pièce à l’état brut. Ce sont des pistes de recherches, des bribes que nous assemblerons / façonnerons pour aboutir à une création.  Pour les danseurs, il s’agit d’une expérimentation, d’une tentative de s’émanciper de leurs expériences antérieures. Ensembles, ils découvrent / arpentent et se livrent à d’autres territoires chorégraphiques, ajoute-t-elle.

Pli, dépli, repli,  ondulation, courbe, point / ligne d’inflexion... ce sont les notions à travailler pour mieux comprendre la circulation de l’énergie dans le corps. L'enjeu est de montrer les parties invisibles de notre corps, à savoir le dos, la colonne vertébrale ainsi que les appuis, en soulignant les liens qui existent entre eux et le reste du corps, notamment le bassin et le centre de gravité. 

Un danseur n'a pas pour vocation d'expliquer ce qui est mais plutôt d'orienter le ressenti, vers la compréhension du corps comme un tout indissociable.

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La danse avec l’autre, la naissance du mouvement

Dans son projet de création,  Yun Chane s’inspire de la technique du contact improvisation, élaborée par Steve Paxton, danseur-chorégraphe américain,  dans les années 1970.

Le contact improvisation est une danse créative émergeant d’un contact physique entre partenaires. Le caractère multidimensionnel : physique, émotif et spirituel du point de contact, permet  aux danseurs de communiquer entre eux de façon non verbale, ceci à plusieurs niveaux et de façon concrète.

Tout commence par un moment de présence à soi, où moi en tant que danseuse renoue avec le sol, avec mon corps. Je m’étire et prends conscience de ma respiration, de mon poids, de mon état, de l’environnement où je me trouve. Puis, autour ou près de moi naît la présence de l’autre, perçue d’abord comme une vibration, puis comme une légère pression en un point quelconque de mon corps. C’est le point de contact, où la pression fluctue, change et se répercute dans le duo / trio. L’équilibre est précaire, et voilà que dans la fluidité de la chute, je m’abandonne, basculant par-dessus mon partenaire pour se retrouver au sol. La liberté que je ressens est affaire de responsabilité. Le lien que j’entretiens avec mon partenaire, par le biais de la spontanéité, donne naissance à un mouvement. On peut alors parler de découverte et création. Je trouve ça magique, confie Céline Ginet.

Plus qu’une forme de mouvement, un vocabulaire et même une démarche d’improvisation, le contact improvisation impressionne par sa capacité à générer des attitudes de collaboration et de coopération en société. La danse est alors engagée. La relation au corps est ici essentielle. Loin d’exécuter une danse dont ils auraient une idée préconçue, les danseurs ont pour consigne générale de développer une qualité d’écoute pour percevoir « ce qui est ». Personne ne mène la danse, l’improvisation devient alors magique. La proximité dans le contact physique dépasse les stéréotypes sociaux et amène une révolution du toucher. En contact les uns avec les autres, ils se mettent en état de créativité et de support mutuel. C’est la transmission de l’onde. Une synergie qui engendre un mouvement.

* Cette résidence de création est en continuité avec le stage sur « la technique du rebond », animé par la même chorégraphe en février 2012 au sein de l’IFM. La deuxième phase de création est prévue pour mars 2013 au centre Mitony / Ilafy / Tananarive.

Plus d’infos :

http://cieyunchane.free.fr/

http://institutfrancais-madagascar.com/

 

 


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