Atelier NU III   publié le 04/12/2013


Atelier NU III

La mode, oui ! Et après ? Le créateur-styliste doit percer son univers — complexe —, notamment ses impératifs marketings.

Un nouveau pas franchi vers la professionnalisation du design de mode malgache

Nous voulons constituer un monde où les rêves prennent corps.

Un monde où l’excellence technique libère la créativité.

AICM / Association indépendante des créateurs de mode de Madagascar

 

Après Naturellement Urbain / NU I (2011) et II (2012) – programme d’appui à la filière design de mode malgache impulsé par le projet de coopération franco-malgache Art Mada 2 –, l’atelier NU III a porté sur les stratégies de développement et de commercialisation à mettre en œuvre par les stylistes malgaches. L’atelier s’est tenu les 5, 6, 7 et 8 et les 18 et 19 mars dernier dans les locaux de l’Institut des métiers de la ville / IMV à Tsimbazaza.

Dix stylistes de Tananarive, Antsirabe et Tamatave ont bénéficié de la formation :

 

La mode est un univers où se mêlent à la fois rêve et réalité économique, création et industrie. La création n’est pas la seule activité, les contraintes techniques et les exigences du marché obligent le créateur à se professionnaliser, voire être polyvalent. Il doit être proche du fabricant de textiles, être capable d’intervenir dans les domaines du marketing, du commercial et de la technique. Ainsi, en alliant marketing et originalité créative, il contribue à promouvoir la filière mode en général et sa marque en particulier, confie Emeric Creuse – intervenant-formateur / fondateur de la marque éthique  Cruselita, sollicité par Art Mada pour mener et animer l’atelier.


Des modules à la fois théoriques et pratiques ont occupé la première semaine de formation :

le plan d’affaires,

le produit et son marché ,

 les stratégies commerciales et le marketing,

 les moyens de production,

le dossier financier,

les atouts des réseaux sociaux.

Après chaque module développé,  les stylistes devaient répondre à un questionnaire concis. Cela leur a permis de structurer leurs idées, de se positionner non seulement en tant que créateur-styliste mais aussi en véritable chef d'orchestre de sa propre entreprise. Il se  doit de maîtriser toutes les étapes de sa collection, depuis sa conception jusqu'à sa mise en production... en ne perdant pas de vue bien sûr la démarche marketing indissociable à la filière mode, ajoute Emeric Creuse.

Notre travail de créateur occupe une place prépondérante dans notre emploi du temps. Pourtant, faute de moyens, on est obligé de s’occuper à la fois de la création, de l’administration et de la communication de notre marque. Il est donc plus que nécessaire d’avoir des notions solides sur l’administration et la gestion financière d’une entreprise individuelle, explique la styliste Sousou.

D’autres intervenants sont venus nourrir la réflexion et éclaircir certains points (structuration d’une activité économique, sourcing de matières…) :

Brigitte Elison (responsable Toursime Durable / IMV), Rabenja (chef du Service Brevet / OMAPI, Jean-Marie Parthenay (fondateur de Kaloes), Karine Rodriguez (co-fondatrice de la marque Cruselita), Fanja (directrice adjointe de Carambole), Carine  H.C.R (éco-designer), Chloé Pinty (Chargée de Mission IMV),  Michel Andriamihaja (Community Manager) et Hanta Niriana Raharivelo (Examinatrice de brevet et de dessin ou modèle industriel) ont apporté leur témoignage et partagé leurs expériences durant l’atelier.

Au-delà d’une envie, d’une idée ou d’une inspiration, les métiers de la mode et de la création requièrent de la méthode, de la rigueur et de l’expérience. En guise de cas (hautement!) pratique, les stylistes participants se sont structurés en Collectif pour fonder et administrer une Maison des Métiers de la Mode.

Même si ce n’est qu’à l’état de projet, la Maison des Métiers de la Mode (projet réfléchi par la Commune urbaine d’Antananarivo, l’Institut des Métiers de la Ville, la Région Île-de-France et Art Mada) sera une occasion, pour nous stylistes, de mutualiser nos compétences en constituant un Collectif solidaire. Il sera question d’une aventure où chacun donnera le meilleur de lui-même pour promouvoir le secteur mode malgache, confie la styliste Coco Masombika.

Au même titre que la filière mode, la filière textile tient une place importante dans le développement économique d’un pays. Pour découvrir les métiers du textile, les stylistes participants se sont rendus à Antsirabe pour rencontrer le groupe SOCOTA (COTONA : production textile // et COTTONLINE : confection textile) le 18 mars dernier. Après la visite des différentes unités de production, ils se sont entretenus avec les responsables du groupe. Une rencontre qui a débouché sur une éventuelle collaboration entre l’AICM et le groupe SOCOTA. Cette amorce de collaboration entre créateurs de mode et entreprise textile — une collaboration qui reste à consolider — se veut un début de réponse à l’évolution actuelle du secteur mode de la Grande Île.

A noter que Ndimby et Coco Masombika ont déjà collaboré avec le groupe SOCOTA pour la réalisation des collections qu’ils ont  présentées lors d’Ethical Fashion Show 2012 / Paris-France.


L’atelier s’est clôturé le 19 mars par une restitution (survol des différents modules, projets d’avenir, impressions des participants...). Les stylistes prévoient d’ouvrir une boutique multimarques d’ici septembre prochain. Les énergies sont déterminées ; les convictions, fermes : le secteur  design de mode, s’il est mis en valeur, renforcé et promu, dispose d’un fort potentiel de développement économique et de promotion de la destination Madagascar. Une aventure à suivre de très près !

Naturellement Urbain, né en 2011, est un programme dédié à la professionnalisation de la filière « design de mode malgache » conçu et initié par le projet de coopération franco-malgache Art Mada 2, en partenariat avec la Région Île-de-France (RIF), la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) et l’Institut des métiers de la ville (IMV).

 



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