Journée internationale du Jazz, la 2e édition!   publié le 30/09/2013


Journée internationale  du Jazz, la 2e édition!

Des têtes d’affiche comme des talents en herbe ont donné le coup d’envoi des célébrations de la journée internationale du jazz mardi dernier.

 

Organisé par le ministère de la Culture et du Patrimoine en collaboration avec l’ORTANA et le festival Madajazzcar.



En acceptant  d’être nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, en juillet 2011, j’ai décidé de consacrer du temps et de l’énergie à la culture de la paix. J’ai donc présenté un projet visant à divulguer les valeurs du jazz à l’échelle mondiale. Le projet a été adopté par la Conférence générale de l'UNESCO en novembre 2011 et j’espère que cette nouvelle journée internationale suscitera l’intérêt pour le jazz, notamment parmi les jeunes, déclarait Herbie Hancock, pianiste et compositeur américain de renommée mondiale / initiateur de la journée internationale du jazz, célébrée pour la première fois le 30 avril 2012. Depuis, les amis du jazz malgache ont tenu à  marquer cette journée en organisant des festivités digne de ce nom. Si l’année dernière les manifestations se sont tenues au café de la gare, cette année, l’ambiance jazzy a investi  les places d’Andohalo et d’Antaninarenina.

Avec la participation des jazzistes comme Nicolas Vatomanga, Jaky, Iz’ Avy,  Voahirana Andriambelo, Lalanto, Elsie, Samy Andriamanoro Group, Silo, Fanaiky ... et bien d’autres artistes toujours prêts à porter haut les couleurs du jazz malgache.

Le jazz puise ses racines dans l’humanité. C’est un dialogue, qui se noue au sein de l’improvisation musicale, entre les musiciens eux-mêmes, entre la scène et le public, et à l’intérieur du public. Quand on fait du jazz, on ne juge jamais le musicien qui joue avec nous. Quoi qu’il fasse, quelle que soit la façon dont il joue, on ne se dit jamais : « je n’aime pas ce qu’il fait ». La seule chose qui nous préoccupe, c’est de l’aider à s’épanouir, confie  Jaky Andrianjaka.

 


L’histoire du jazz à Madagascar remonte à 1950,  année où l’on voit quelques familles   notamment les frères Rabeson, Georges Rahoerson, Rakotoarivony, Arnaud Razafy, Berson, Stormy, Ramboatina Etienne s’initier au jazz. Un premier concert combinant tous ces noms a été organisé à l'hôtel Fumarolli (actuellement Immeuble Caveau Antaninarenina). En 1960, ces grandes familles musiciennes ont étroitement  travaillé avec le Centre Culturel Albert Camus (actuellement Institut français de Madagascar), quartier général du jazz de l’époque. Arnaud Razafy, les frères Rabeson et d’autres musiciens ont créé le « Jazz Club de Tananarive».


A son arrivée à Madagascar,  la musicien français Jeff Gilson a encouragé Arnaud Razafy et les autres musiciens de produire ensemble un disque 33 tours qui s’intitule «Malagasy Gils », premier disque de jazz malgache. Grâce à cette collaboration, le jazz malgache a pu avoir sa place en Afrique. Madagascar est, en effet,  le deuxième pays africain possédant des  musiciens virtuoses de jazz après l’Afrique du Sud. L’évolution du jazz à Madagascar a été interrompue pendant les événements politiques de mai 1972, entraînant un vide culturel. En 1973, contraint de partir à l’étranger, Arnaud Razafy a amplifié sa recherche en matière de jazz en côtoyant des musiciens célèbres comme Charlie Mingus. Grâce à ces différents échanges, il a pu sortir un disque 33 tours, «Madajazzcar», doté d’un style  free jazz mélangé avec la musique traditionnelle du Sud malgache.

Le jazz malgache prend ensuite un coup de jeune, grâce à l'acharnement  d’une nouvelle génération ambitieuse. Ce sont des autodidactes par leurs improvisations, avec une certaine aisance qui se dégage de leur propre feeling, comme pour Joël Rabesolo et Mahatojo, lauréats du concours Découverte de la Radio Lazan’Iarivo.

Aujourd’hui, le travail sans relâche d’une poignée de pionniers passionnés et de talents en herbe fait  la réputation du jazz malgache. Car le jazz "made in Madagascar" ne manque très certainement pas de jazzistes de  renom qui ont, plus d'une fois, été sollicités sur des scènes étrangères, dans le cadre de grands festivals (Allemagne, USA, Japon, Brésil, Suisse, France…). On peut citer, entre autres,  Môta qui a décroché la bourse Unesco – Aschberg (Montréal, Canada) pour l'année 2013.

Sans oublier de mentionner le festival Madajazzcar, cette plateforme de rencontre internationale, initiée en 1989  par  l’Alliance française de Tananarive, ajourd'hui dirigé par Désiré Razafindrazaka. Cet événement annuel a obtenu en 2010 le label "DjangodOr - Trophée international de jazz", ce qui a marqué une étape décisive dans l'histoire du jazz de la Grande Île.

L’étape majeure à franchir pour pérenniser, non seulement le jazz mais aussi toute la création musicale et artistique en général dans la Grande Île, reste la conscientisation de l'Etat et de toutes les parties prenantes de l'importance de la culture dont la création musicale et artistique. Certes, donner une visibilité aux artistes est une chose mais le plus important est d'offrir aux acteurs de la culture une politique qui s'inscrira dans le long terme telle qu'une politique de soutien mais aussi une protection des droits des artistes en les accompagnant dès le processus de l'application du statut des artistes décrété il y a quelques années. Ceci de manière à ce qu’ils puissent s’épanouir pleinement dans leur métier et, ainsi, promouvoir plus efficacement la création artistique et musicale, confie Patricia Rakotobe – Directrice des arts et de la promotion artistique / ministère de la Culture et du Patrimoine.


Plus d'infos :   www.madajazzcar.mg


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