Enquête sur l’existant culturel malgache   publié le 30/09/2013


Enquête sur l’existant culturel malgache

Pour un premier état des lieux du secteur culturel malgache…

Noah Raoelina, missionné par le projet Art Mada 2 via l'Association des médiateurs culturels, retrace ici les grandes lignes de cette enquête.

De décembre 2012 à mars 2013, en collaboration avec le Centre de Ressources  des Arts Actuels de Madagascar / CRAAM, la mission de Noah Raoelina consistait à dresser l’inventaire des structures culturelles malgaches existantes : (micro)structures, associations, écoles d’art, centres de formation artistique, ONG œuvrant dans le culturel… Cette radiographie du paysage culturel a concerné, dans un premier temps, les villes de Tananarive, Antsirabe, Tamatave, Tuléar et Diégo ; elle a permis de mieux cerner les conditions de travail actuelles des porteurs de projets, d’initiatives culturelles, organisés en structure ou de manière informelle. A noter qu’en amont de l’enquête, nous avons élaboré un questionnaire avec l’aide d’un consultant spécialiste des techniques d’enquête, Jean-François Rebeyrotte de l’Université de Saint-Denis, venu en novembre dernier à Tananarive sur invitation du CRAAM en partenariat avec le IOMMA (Indian Ocean Music Market) et Art Mada 2.

Le déroulement

Durant les trois mois de terrain, on a pu rencontrer une cinquantaine de structures sur les soixante-trois prévues. L’enquête a consisté à recueillir des informations concises sur chaque existant culturel : la typologie des activités et des publics, l’organisation dans l’espace et dans le temps, les équipements à disposition, les ressources humaines, les projets à long terme, les difficultés rencontrées, le degré d’accord pour un appui institutionnel, les différents besoins... Malgré les difficultés, nombreuses, rencontrées par les structures existantes ? notamment au niveau administratif, financier et technique ?, on a pu remarquer une forte volonté de leur part de travailler / se produire / rêver / faire sens avec la population et son territoire.

Les besoins en renforcement


Sur une cinquantaine de structures sondées :

  • 50 % des structures culturelles ? surtout celles en province ? souhaitent une formation en administration de projet culturel,
  • 30 %  optent pour une formation en nouvelles technologies,
  • 20 % désirent bénéficier d’une formation en gestion-comptabilité et en techniques du son.

 

En termes d’équipements, - avec l’aide de Jean-Marie Roussel, ingénieur audionumérique auquel le projet Art Mada 2 a fait appel pour dresser un état des lieux des ressources techniques -, on a pu constater que le renouvellement de leur équipement est primordial (équipements son et lumière, parc informatique, équipements de travail artistique, comme les tapis de danse). A Antananarivo, les acteurs culturels mettent l’accent sur la nécessité de créer un lieu culturel, à la fois outil de travail et de production / diffusion pour les arts à Madagascar. Un lieu équipé et aux normes car à l’échelle nationale, le seul espace professionnel est l’Institut Français de Madagascar. Or, sur l’année, il ne peut répondre à l’ensemble des besoins des artistes et opérateurs culturels en matière de travail et de diffusion. D’une manière générale, la pénurie d’infrastructures culturelles au niveau national a été mis en avant par les sondés. Sans structure, difficile pour les énergies vives et créatives du pays de travailler dans de bonnes conditions ? c’est-à-dire des conditions professionnelles. A Antsirabe, des ateliers de formation en techniques du son sont espérés étant donné que les techniciens sont tous autodidactes. Mais aussi, les appuyer en termes de documentation en leur donnant accès à des ouvrages sur les normes techniques, le traitement du son, le mixage, la mastering…, notamment. Tamatave connaît un engouement important en matière de danse de salon, urbaine et contemporaine. L’association Dih’1 regroupe douze compagnies de danse de différents styles ; elle organise fréquemment des formations pour professionnaliser les jeunes danseurs locaux. Reste à trouver et à équiper un lieu qui serait mieux adapté à leurs activités, ce indépendamment de l’Alliance française de Tamatave qui aurait également besoin d’un renforcement en équipements. Tuléar, ville porteuse d’une grande vitalité musicale, ne possède aucune structure de travail pour les groupes de musique. Certes, l’Alliance française permet aux artistes de se rencontrer et de répéter mais cela reste insuffisant et précaire. Enfin, à Diego Suarez, la majorité des entités culturelles cherche à être renforcée en matière d’équipements et que soient mis à disposition plus de lieux de travail. 

Le mot de la fin

Suite à cette radiographie du paysage culturel à l’échelle nationale, on remarque que les acteurs culturels restent forces de propositions / revendications pour améliorer leurs conditions de travail. Leurs difficultés à se structurer relèvent notamment du manque de formations et de lieux de travail acceptables. Outre un renouvellement des aides bi- et multilatérales, une forte volonté politique de la part des autorités malgaches concernées est une nécessité pour un réel épanouissement / développement de la carrière d’artiste.
Le CRAAM, grâce à la convention signée avec le IOMMA (Indian Ocean Music Market) tâche, avec les moyens qui sont les siens et l’appui du projet Art Mada 2, de mettre en place depuis 2012 des ateliers / formations à destination des acteurs culturels malgaches  - petites pierres portées au grand édifice de la Culture qui reste à consolider.

Les prochains ateliers  se tiendront le dernier trimestre 2013. Pour plus d’informations, consulter le site du CRAAM en août (appels à candidatures en ligne).

 
Contact: Raoelina Noah
Tél: +261 (0) 33 21 034 11 / +261 (0) 20 24 241 91
noahraoel1@gmail.com

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