Le salon des auteurs suscite des réflexions   publié le 30/09/2013


Le salon des auteurs suscite des réflexions

Une grande première dans l’histoire de la littérature malgache, le salon des auteurs s’est tenu le 5 juillet dernier à la Bibliothèque nationale à Anosy.

C'est à travers les mots, entre les mots, qu'on voit et qu'on entend.
Gilles Deleuze

Cet événement a eu lieu grâce à l’initiative de la Synergie Nationale des Auteurs, Editeurs et Libraires de Madagascar (SYNAEL). Lors de ce premier Salon des auteurs, Elia Ravelomanantsoa - ministre de la Culture et du Patrimoine, a rappelé que l’Accord de Florence est désormais signé par l’Etat malgache. La politique culturelle des livres est également déjà adoptée au niveau du gouvernement. Il ne reste plus que l’application des textes.

Mais qu’entend-on par Accord de Florence ?

Elaboré en 1950 par l’Unesco, l’Accord de Florence est essentiellement destiné à faciliter l’importation d’objets de caractère éducatif, scientifique ou culturel. Cet Accord permet de réduire les obstacles en matière de tarifs, de taxes, de devises et d’échanges que rencontre la libre circulation de ces objets, permettant ainsi aux organisations et aux individus de les obtenir à l’étranger avec moins de difficulté et à meilleur prix.

Plus infos sur : - Accord de Florence - Guide pour l'application de l’Accord de Florence
A télécharger en version PDF

Madagascar a finalement décidé de ratifier l’Accord de Florence en 2012. Il lui a fallu près d’une soixantaine d’années pour signer officiellement cet Accord. L’adhésion de Madagascar à ce protocole devrait donc permettre aux Malgaches d’accéder plus facilement et à moindre frais à l’éducation, à la science, à la technologie et à la culture par le biais des supports papiers (livres, journaux, périodiques...).

Cet Accord de Florence permettra aux différents acteurs de la promotion de la lecture et des livres de développer librement la filière parce que les textes stipulent que toute importation d’objets destinés à promouvoir la lecture et les livres devront être exemptés d’impôts, stipule Richard Raveloson Andriamihaja, président de la SYNAEL, la structure initiatrice du salon.

L’Etat a certes rempli son devoir, mais nous, auteurs-éditeurs et libraires, sommes encore loin d’y parvenir parce que cela nécessite beaucoup de détermination et une importante organisation, ajoute-t-il. Le premier Salon du livre a également été marqué par trois conférences-débats autour du livre : Ny boky loharanom-pandrosoana ou le livre comme source de développement, Ny boky teknika sy ny boky fanabeazana ou les livres techniques et les livres d’éducation et  Ny boky momba ny kolontsaina ou les livres sur la culture.

Contrairement aux idées reçues, le sujet intéresse les jeunes au plus haut point. Car dans la salle, la majorité des visiteurs a une moyenne d'âge de la vingtaine. La jeunesse malgache s'intéresse aux livres. La participation active des jeunes aux débats témoignent de cet intérêt réel. Une affluence à la hauteur des attentes, un public jeune, attentionné aux débats et friands de rencontres. [Extrait : www.lexpressmada.com]

Nous ne comptons pas en rester là, quitte à trouver un bon nombre de sponsors pour organiser le deuxième salon des auteurs, affirme Michèle Rakotoson, écrivain de renom.

A Madagascar, il y avait une vraie tradition du livre dans les années 1930. Aujourd’hui, cette filière reste bloquée dans une certaine léthargie. Trouver des stratégies pragmatiques pour développer la littérature malgache se trouve au cœur des préoccupations des acteurs de la filière. De mon point de vue, une formation en maquettisme, marketing et un atelier d’écriture seraient indispensables pour développer la filière. Certes, la détermination est un fait mais il nous faut aussi avoir les moyens (qualité des œuvres, sources financières…) pour parvenir à nos fins, ajoute-t-elle.




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