Mobilité urbaine : les artistes en actions   publié le 30/09/2013


Mobilité urbaine : les artistes en actions

... vers une affirmation du rôle de l’artiste comme agent de transformation et de cohésion sociale...

La Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA) et l’Institut des Métiers de la Ville (IMV) – représentant légal de la Région Île-de-France à Tananarive – lancent dans le cadre du PAMU (Programme d’Amélioration de la Mobilité Urbaine) le projet « Mobilité Urbaine ».
Jeudi 29 août dernier, le collectif des tagueurs d’Ampefiloha Jamerla Koon’Action   a tracé les premières lignes de la fresque « Mobilité d’aujourd’hui, de demain et dans 50 ans ». Ce collectif sollicité par le CRAAM qui est le coordinateur de ce projet à la demande de la CUA-IMV, a commencé à peindre le mur du stade de Mahamasina, carrefour et point d’intersection de la jeunesse tananarivienne (proximité des écoles et établissements scolaires, grande fréquentation sportive...), premier public ciblé par le projet.

La fresque reflète, en général,  la mobilité dans la ville : de ce qu’elle est aujourd’hui, de ce qu’elle sera demain et de son devenir dans cinquante ans. Trois temps inscrits dans la chronologie qui devraient être assez lisibles et visibles afin que le public comprenne l’évolution.

Dans la fresque sont intégrés des éléments symboliques qui montrent bel et bien qu’il s’agit de la ville d’Antananarivo : des escaliers « connus » comme celui d’Antaninarenina,  des quartiers populaires (Analakely, 67ha, Behoririka, Manaritsoa Isotry,...). Une fresque animée par des couleurs vives à l’image du logo du PAMU.
 

Le projet travaille, par ailleurs, à une implication responsable des artistes dans l’environnement qui est le leur – à savoir la ville –, afin d’interroger le devenir de la ville comme espace public, espace citoyen, espace de vie.


La fresque comprend trois temps : aujourd’hui, demain et dans 50 ans.
La mobilité d’aujourd’hui

Cette première partie de la fresque représente l’état de la mobilité d’aujourd’hui sur un ton burlesque et caricatural.  La fresque souligne que l’urbanisation croissante de la Capitale engendre des perturbations quotidiennes d’ordre social, organisationnel, environnemental... Tananarive, aujourd’hui, est une ville qui déborde de piétons : la majorité de la population, en effet, se déplace à pied, et est confrontée à de moult problèmes : stationnements des véhicules sur les trottoirs, conflits avec les marchands informels, la pénurie de trottoirs ou leur mauvais état, la vétusté des transports publics (taxis-be) et leur service qui laisse à désirer, sans oublier les interminables embouteillages et les multiples pollutions quotidiennes...

On remarque, par exemple, le marché informel d’Analakely qui encombre les rues, en plein cœur de la scène un chauffeur de taxi-be mécontent de l’embouteillage généré par ce bouillonnement humain qui enfreigne à la fluidité de la circulation de la ville.

La mobilité  de demain

Cette partie de la fresque s’est concentrée sur l’amélioration à venir de la mobilité piétonne aux alentours du lac Anosy. Les taggueurs ont proposé la création d’espaces verts et d’espaces publics (stationnement, abri bus...). On y voit, par exemple, une meilleure circulation des piétons sur le site, des gens faisant tranquillement leur jogging  dans un environnement écologique.              

La mobilité dans 50 ans

Il s’agit ici d’une projection (et une part de fantasme artistique de la part des taggueurs) de ce que sera ou de ce que pourrait être Tananarive dans cinquante ans. C’est la partie de la fresque la plus libre, avec des représentations montrant une ville dégagée de tous les maux actuels : embouteillages, pollution, saturation piétonne, stress…. Tananarive : ville-oxygène, ville aérienne, ville au cœur d’une vi(ll)e épanouie, avec l’arrivé du tramway, pourquoi pas ?!

Des réflexions se profilent à l’horizon...

A travers cette fresque, les pouvoirs publics, le CRAAM et les artistes participants « chantent » et espèrent voir émerger une ville écologique où la place du piéton prédomine. Un scénario innovant de la part de Jamerla Koon’Action en vue de créer des espaces de participation et de compréhension avec les populations, en accord avec les autorités publiques.
Par ailleurs, cette implication d’un groupe de taggueurs affirme le rôle de l’artiste comme moteur de développement durable et agent de transformation et de cohésion sociale. Ce n’est pas sans rappeler le programme NU / Naturellement Urbain mis en place par Art Mada 2 en septembre 2011 lorsqu’il s’agissait de faire travailler les créateurs de mode malgaches sur les tenues des agents de la CUA. Les artistes, on en le saura jamais assez, doivent prendre une part active dans toutes les mutations –  sociales, environnementales, urbaines… –   à l’œuvre aujourd’hui à Madagascar.
Cette initiative est aussi une opportunité à saluer pour la professionnalisation des artistes malgaches et leur accès à de nouveaux débouchés économiques grâce à cette première implication dans les politiques d’aménagement urbain à l’œuvre à Antananarivo.
Avis aux piétions : le devenir de Tananarive prend des couleurs et se lit désormais sur le mur du stade…. !!! Ce n’est que le début, intéressant à suivre…

Jamerla Koon’Action
  • Naty Kaly
  • Taka
  • Njaka
  • Isaac
  • Nyavo
  • Vahambola (Vambla)
  • Tahina Rakotoarivony
  • Rina

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