Moeketsi Koena : « les danseurs doivent grandir d’eux-mêmes »   publié le 30/09/2013


Moeketsi Koena : «  les danseurs doivent  grandir d’eux-mêmes »

Ce qui dit danse concerne l’âme, le cœur et le corps...

Dans le cadre de la 10e édition du Festival I’Trôtra, le chorégraphe et danseur Sud-africain, Moeketsi Koena – actuel Directeur associé du Festival – a dispensé six jours d’ateliers à l’IFM. Entre deux heures creuses, il nous livre ses impressions et son rôle au sein du Festival.
 
Pouvez-vous nous parler du programme de l’atelier?

Du 9 au 13 octobre dernier, j’ai ouvert la série d’ateliers de danse au sein de l’IFM. Je suis au côté de Gaby Saranouffi depuis le début de la création du Festival I’trôtra en 2003. Je suis ici pour apprendre aux danseurs, qu’ils soient professionnels ou amateurs, à développer de nouvelles techniques en danse contemporaine. Mais je suis également là pour les aider. Je ne veux pas être considéré comme un professeur parce que le travail fourni est commun. Je me positionne plus comme un conseillé où l’on partage nos compétences, sans oublier bien sûr le soutien mutuel. C’est très important dans un travail de groupe. Nous avons présenté le fruit de notre travail le 21 septembre dernier à l’AFT.
Quels sont les objectifs de la formation ?

Après ses 10 ans d’existence, le Festival I’trôtra est devenu une véritable plateforme permettant aux danseurs de s’exprimer, mais surtout aux danseurs malgaches de montrer leur créativité et leur savoir-faire. Ce Festival apporte un nouveau souffle à cette discipline au niveau de l’Océan Indien mais également en Afrique Subsaharienne. Pour ma part, les objectifs sont clairs. Je suis ici pour que les danseurs évoluent techniquement, mais qu’ils sachent aussi connaître ce qu’ils sont capables de faire. Ils doivent « grandir » d’eux-mêmes. Mais je me concentre surtout sur le fait que la danse est un langage et qu’il faut savoir délivrer le message au public.
 
Votre vision du secteur de la danse à Madagascar ?

J’étais présent durant le Sanga en 2001, je suis revenu pour les autres éditions d’I’Trôtra. Je peux dire que les danseurs contemporains malgaches ont vraiment évolué. Malgré les difficultés rencontrées, ils arrivent à s’en sortir. Chaque année, il faut se battre pour que le Festival existe sachant que la danse est un métier très dur. Les Compagnies essayent de survivre à cause du manque de soutien. Ce genre de Festival est important pour qu’on reconnaisse la valeur de la danse. La danse contemporaine malgache est unique, elle a une identité propre à elle, mais certains problème comme le manque de moyens financiers empêchent les danseurs d’évoluer.
Quelques conseils pour les personnes qui veulent se lancer dans cette discipline ?

Devenir danseur, n’est pas chose facile. En vivre, encore moins. Il faut persévérer, lire, travailler et savoir être patient. La danse exige une grande force mentale et physique. Comme je l’ai toujours dit, tout doit être pris en considération : l’âme, le cœur et le corps. Surtout le corps, il faut prendre soin, c’est notre premier outil de travail !
 

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