Shany Arzeux partage ses acquis...   publié le 02/10/2013


Shany Arzeux partage ses acquis...

Shany Arzeux, de la Cie Soul City, est venu partager ses connaissances avec quelques danseurs malgaches dans la matinée du 27 septembre.

Soul City,  le plus ancien crew de breakdance de La Réunion, œuvre depuis 1996 et est devenue une Cie professionnelle en 2008. Depuis 2009, Soul City est partenaire d'I'Trôtra pour les sélections à Madagascar dans le cadre du Battle de l'Ouest - Indian Ocean Tour. Un événement qui amène Soul City à échanger avec Maurice, Madagascar, Seychelles, Mayotte... C’est un fait, il s’agit de  la plus grande compétition de breakdance de tout l'océan Indien.

Quel est le programme de l’atelier-formation ?

Je veux pousser les danseurs malgaches à s'exprimer autrement que dans les codes du breakdance. Par exemple, là je leur fais faire les échauffements individuels. J'observe alors comment ils s'expriment, de quelle manière ils vont s'échauffer sur du dubstep, une musique sur laquelle ils n'ont pas forcément l'habitude de s'entraîner. A partir de là, je dirige mon atelier sur le perfectionnement et la précision des appuis, la conscientisation du corps, tout en montrant le maximum de techniques sur le  breakdance . A travers cet atelier, je veux vraiment pousser les jeunes danseurs d'ici à s'exprimer autrement, tout en gardant l'âme Bboy / Bgirl (Breaker boy / Breaker girl).

Quels objectifs vous-êtes vous fixés ?

En un mot, je dirais : perfectionnement. Je voudrais leur donner des techniques de renforcement, d'étirement, d'assouplissement, d'échauffement...  Des outils clés pour qu'ils puissent après les utiliser dans leur entrainement et performance.

Quelques conseils sur le maintien du corps ?

Conscientiser sa respiration: les grands maîtres zen disent que si on respire mal on vit mal. Pour un danseur, c'est primordial de le faire. C'est aller chercher l'énergie interne dans son corps et la faire circuler. Cela rejoint un peu le taïchi et le yoga, mais en tant que danseur on doit forcément passer par là, même si on ne pratique pas ces deux disciplines.  Durant nos échauffements/étirements, on va pratiquer ce genre d'exercice de respiration et d'automassage. Pour aller plus loin, il ne faut pas avoir peur du freestyle : aller vers un hip-hop expérimental tout en gardant les bases sans oublier de miser sur la spontanéité. Pour évoluer en tant que danseur, hip-hop ou non, il faut aller vers la recherche et le respect de soi-même et de son corps.

Votre vision sur le secteur de la danse à Madagascar ?

Je viens régulièrement à Madagascar depuis 2009 et je pense que, malgré la conjoncture actuelle,  la danse est ancrée dans la culture malgache. Il y a, ici, de très belles énergies. Pour moi, les danseurs malgaches font partie des meilleurs, surtout en matière de danse contemporaine. Je peux citer, entre autres les Cie Andrabe et Vahinala...  Comme partout ailleurs, les mêmes soucis : en première liste les difficultés financières. Du coup, certains ont tendance à délaisser la danse pour des raisons professionnelles, alors que l'un n'empêche pas l'autre. Si on  est danseur dans l'âme, on peut toujours trouver du temps, une heure à deux par semaine. Si on peut s'entraîner encore plus, tant mieux. En tout cas, pour moi, Il y a  énormément de potentiel à Madagascar.

Les problèmes majeurs auxquels sont confrontés les danseurs d’aujourd’hui ?

La sous-alimentation et a pollution qui peut être un frein au niveau pulmonaire même si on a tendance  à croire qu'on est  fort étant donné qu’on est né ici. Ensuite, il y a l'absence de centre pour s'entraîner.  Mais je pense que le problème majeur reste « le sérieux » des danseurs.

Des débuts de solutions ?

Pour  le problème alimentaire, je dirais qu'on peut trouver des alternatives pour bien se nourrir, même avec très peu d'argent. Quant à la régularité, ce n'est pas parce qu'on est "amateur" qu'on ne gagne pas sa vie avec la danse et qu'il faut prendre ça à la légère. Au contraire, si on aime la danse et qu’on veut monter le niveau pour être fier de soi-même, il faut travailler et persévérer.  Il n'y a pas de secret, c'est comme dans tous les domaines.

Des conseils pour ceux qui veulent se lancer ou se professionnaliser dans la danse ?

Que l'on soit danseur hip-hop ou contemporain, il ne faut pas hésiter à toucher à toutes les danses, surtout mélangées avec les styles traditionnels, tout en ayant des  objectifs solides. Si on veut être professionnel juste pour être professionnel, ça n'a pas de sens, il faut avoir des objectifs plus concrets et construits. Parfois, il est difficile de savoir ce qu'on fait là sur terre, en tant qu'artiste, pourquoi on est artiste, et c'est la première question à se poser: « Pourquoi je danse ? Pourquoi suis-je danseur ? ». Une fois qu'on a trouvé sa réponse, il faut se projeter, avoir de l'ambition, et surmonter toutes les épreuves.








 

 

 

 

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