Enjeux et perspectives pour le cinéma malagasy   publié le 23/05/2014


Enjeux et perspectives pour le cinéma malagasy

Les professionnels de l’audiovisuel ont rencontré le directeur de l’OMACI pour parler des enjeux autour du 7e art malagasy, le samedi 10 mai dernier. Les idées ont fusé, des solutions en perspective...

En début d’année, le Conseil du gouvernement a adopté des textes règlementaires transformant le Fonds Tiasary en « Office malagasy du Cinéma » (OMACI), le Ministère en charge de la Culture a organisé un atelier réunissant les différents syndicats et fédérations d’artistes malagasy. Ces initiatives démontrent l’envie de l’Etat de participer à la dynamisation des industries créatives à  Madagascar.  Cependant, des questions se posent : Qu’est-ce que l’OMACI ? Quel est le rôle des syndicats et fédérations ? Il est temps de réfléchir sur les enjeux, les avantages, les inconvénients et les perspectives de ces différentes entités dans le développement de l’industrie cinématographique à Madagascar.

Ce sujet a réuni autour d’une table ronde Thierry Raharison (directeur général de l’OMACI), Raymond Rajaonarivelo (réalisateur et parrain à vie des Rencontres du Film court), Colin Dupré (chargé de mission culturelle à l’IFM et animateur de la table ronde), Gégé Rasamoelina (acteur-comédien), le samedi 10 mai dernier à l’Institut français de Madagascar.

Thierry Raharison / directeur de l’OMACI

Le budget pour le Ministère de l’Artisanat, de la Culture et du Patrimoine est de 4 milliard d’ariary (1 250 000 euros), dont  70 millions d’ariary (21 800 euros) par an consacré au fonctionnement de Tiasary qui est maintenant devenu l’OMACI.

L’OMACIse chargera en premier lieu de mettre en place une nouvelle stratégie favorable aux créateurs et investisseurs privés afin d’assurer l’exécution des mesures réglementaires et incitatives relatives à la profession cinématographique. L’OMACI sera la structure qui concocte la loi. Elle fera en sorte que tous les corps du métier du cinéma  soient reconnus dans le secteur formel. Nous sommes en train de faire les démarches auprès de la Chambre du commerce. Madagascar est un véritable vivier de réalisateurs talentueux, qui ont entre 30 et 40 ans. Le cinéma est aujourd’hui un secteur à structurer, à développer et règlementer pour qu’il puisse devenir est véritable levier de développement pour le pays.

Un de nos projets concerne la construction d’un Multiplex équipé de trois salles, grâce à la convention de partenariat signée avec un producteur Bollywoodien et PDG de l’entreprise E-Square; il s’agit de M.Nitin. Le multiplex sera équipé de trois salles de cinéma et d’une salle de représentation théâtrale et d’opéra.Outre la construction de ces multiplex, la concrétisation du projet d’École de Cinéma qui répond aux normes internationales avec un studio de production cinématographique fera également partie de ce projet des plus ambitieux. 

Gégé Rasamoelina / acteur

Cela fait maintenant dix ans que l’on a commencé à parler d’un renouveau du cinéma malgache. Ce n’est pas la première fois qu’on monte une structure comme l’OMACI. La force de ce genre de structure réside dans sa manière de réunir les acteurs autour d’une même cause. Il faudrait  réunir en amonttoutes les forces agissantes du cinéma malagasy (réalisateurs, producteurs, acteurs, électrons libres…) pour établir les plans d’action de l’OMACI et se concerter sur sa raison d’être. Ensuite, tous ensemble, nous essayerons de trouver les moyens de reconnaître formellement lesdivers métiers qui composent le cinéma.

Raymond Rajaonarivelo / réalisateur et parrain des RFC

Tous les acteurs de l’audiovisuel malagasy doivent réagir d’une même voix pour exprimer leurs besoins. C’est la première étape pour se faire écouter. Ensuite, tout est une question de volonté politique. Avec le retour progressif à l’ordre constitutionnel, il est temps que le gouvernement comprenne que le 7e art est un véritable outil de développement économique.  Ce n’est plus le moment de faire des discours, il est temps pour le gouvernement d’écouter et d’agir. Le problème des réalisateurs réside dans les moyens financiers. La règlementation du secteur cinématographique conduira-t-elle à palier ces problèmes financiers ? Le cinéma est un outil puissant pour éduquer et faire passer les messages. Il faudrait que l’Etat commence par reconnaître cette force qu’est le cinéma. 

Michèle Rakotoson / écrivain

Le 8 mai dernier, les syndicats et les fédérations artistiques se sont réunis pour faire un état des lieux propre au statut des artistes. Nous pouvons affirmer qu’il n’existe aucune loi sur la protection sociale des artistes. Je pense qu’il faudrait commencer par là pour pallierl’ensemble desproblèmes auxquels se heurtent les différentes disciplines artistiques. La promulgation de la loi sur le mécénat sera aussi l’une des solutions majeures qui contribuera à la structuration du secteur artistique malgache.

Laza / directeur de RFC

Madagascar compte à peu près 22 millions d’habitants et aucune salle de cinéma. Pourtant, le 7e art est un outil puissant pour démontrer et défendre les idées mais aussi pour influencer les prises de décision des pouvoirs publics. J’estime qu’il est temps de trouver la meilleure manière de structurer ce secteur. J’apprécie les initiatives de l’OMACI, toutefois il faudrait une transparence des comptes pour la bonne gestion d’un fonds public de ce genre.  Par ailleurs, la création de multiplex est une bonne idée. Toutefois, il faudrait 2 à 3 ans pour que ce genre de projet se concrétise. Aussi, une bonne règlementation s’impose concernant la diffusion des films locaux.

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