« Parcours des Regards » : visite des œuvres d’art public installées au cœur de l’Université   publié le 24/03/2015


« Parcours des Regards » : visite des œuvres d’art public installées au cœur de l’Université

Sur le campus d’Ambohitsaina, des œuvres d’art habitent l’espace. Nous les croisons quotidiennement et elles font désormais partie intégrante de la vie universitaire.

L’art public engage toujours un rapport direct à la vie sociale. Recourir

aux lieux publics, pour l’artiste, c’est inévitablement rencontrer la

population, c’est la solliciter esthétiquement de façon raccourcie, sans en

passer par le filtrage muséal.

Paul Ardenne

 

Sur le campus d’Ambohitsaina, des œuvres d’art habitent l’espace. Nous les croisons quotidiennement et elles font désormais partie intégrante de la vie universitaire. « Les œuvres sont bien placées, on ne peut pas les rater. Au début j’étais étonnée et curieuse de connaître le sens et l’utilité de ces choses qui étaient installées près de la buvette, puis je me suis dit que l’art était peut-être question d’étonnement », confie une étudiante en communication à la Faculté des Lettres et Sciences humaines. L’étonnement, le plaisir, le donner-à-voir autre… quelques pans de poésie pour soulager le regard…

Au titre des activités inscrites dans le projet « La médiation au cœur de l’action », projet initié et mis en œuvre par l’ADMC-CRAAM, le concept d’Art public durable au sein de l’Université a réuni (presque mis en scène) cinq artistes et cinq étudiants en architecture pour créer des œuvres d’art utiles et durables dans un espace ouvert et accessible à tous.

Parmi les participants à cette étonnante aventure, on peut citer cinq créateurs malgaches engagés (artistes sélectionnés sur appel à candidatures) –  arts visuels et arts plastiques – dont Temandrota, Mme Zo, Andry Anjoanina, Rina, Stam et cinq  étudiants en architecture venant de l’École supérieure des Métiers et Arts plastiques de Madagascar (ESMAP) dont Rafomanana Miravo, Adriamifidy Miora Nambinintsoa, Leong Hong Stéphanie, Georges Harivelo Fabien et Andriantsihoarana Finaritra Jonah.

 

Des ateliers de formation / accompagnement en amont...

Les 27 et 28 décembre 2014, un atelier de formation / accompagnement a été organisé pour permettre aux créateurs et étudiants en architecture de s’imprégner du concept d’art public durable. Des thèmes comme l’histoire et patrimoine de l’Université, l’art de construire et l’éco-récupération ont été abordés lors des interventions de Rafolo (représentant de l’Université d’Antananarivo), Patrick Dewa Andrinirina (directeur d’Ichtus Construction et Manitra Randrianatoandro / artisan récupérateur et représentant d’Ecotanana). Les deux jours ont également permis de développer des réflexions autour des pratiques artistiques et des compétences nouvelles dans le processus de développement durable.

Des dates clé à retenir...

- 1er au 3 décembre 2014 : résidence collective sous la supervision du directeur  artistique Tahiana Rakotoarivony, artiste plasticien et représentant de l’Is’Art galerie.

Les 5 binômes (un artiste et un étudiant ESMAP) ont conçu et réalisé des œuvres d’art public afin de  contribuer au développement harmonieux du campus universitaire, de maintenir la qualité de vie du campus, de l’entretenir et de l’aménager.

- 4 au 10 décembre 2014 : travail en binôme (artiste plasticien et étudiant architecte).

- 15 décembre 2014 au 28 février 2015 : fabrication et installation des œuvres d’art public au sein du campus universitaire d’Ambohitsaina.

- 20 mars 2015: inauguration de l’espace public.

Un projet pilote qui mérite réflexions...

L’aventure « Art public durable au sein de l’Université » décide de (re)placer l’artiste au cœur de la problématique d’aménagement d’un espace public, spécialement ciblé, l’Université d’Antananarivo, cœur « battant » de la recherche et des réflexions. Il s’agissait ainsi d’engager le débat sur comment les artistes s’imbriquent dans l’évolution sociale, l’embellissement d’un espace à travers l’art public / l’art urbain, l’art responsable…

« L'Université reconnaît l'importance des arts et de la culture dans le développement de la communauté universitaire et accorde une place privilégiée aux rapports entre savoir, art et culture », reconnaît Serge Henri Rodin, responsable du Laboratoire de recherche en Médiation culturelle (LABMED).

Par ailleurs, résolument engagée en faveur des arts, de la culture et des nouvelles visions artistiques, « l’ADMC-CRAAM fait en sorte que l’art public puisse briller sous toutes ses formes afin que l’Université d’Antananarivo soit reconnue comme un espace d’inspiration et de création », confie Noah Raoelina, chargé de production du CRAAM. Si chacun des artistes a une approche conceptuelle et esthétique bien personnelle, les œuvres ont toutes un même objectif : offrir un lieu de vie à la fois agréable et utilitaire dans le paysage universitaire.

A lire également: L’Art public durable au cœur de l’Université


Commentaires

Votre commentaire