Le rôle de l'État dans le soutien du secteur cinématographique   publié le 05/05/2015


Le rôle de l'État dans le soutien du secteur cinématographique

Ambiance studieuse dans une salle remplie de jeunes lycéens le jeudi 23 avril à l’IFM. Face à eux, le Secrétaire Général de la Fepaci, Fédération panafricaine des Cinéastes, Cheick Oumar Sissoko.

Mobiliser la jeunesse

Dès le début de son intervention, le conférencier insiste sur un mot : la culture. « Tant que vous ne savez pas qui vous êtes vous-mêmes, comment voulez-vous que la société évolue ? Vous serez toujours dans le mimétisme des autres. »

Son argumentation repose sur la triple fonction de la culture : la culture qui façonne notre rapport avec le monde, la culture « fondement de notre civilisation », la culture qui permet de « prôner un sens à nos existences individuelles et collectives ».

La conférence se veut à la fois une mobilisation d’une jeunesse à qui on voudrait « hypothéquer l’avenir » et un rappel aux politiques sur les enjeux du développement culturel et artistique. La quasi absence de représentants étatiques dans la salle témoignerait-elle d’un désintérêt total vis-à-vis des questions culturelles ? Cheik Oumar Sissoko rappelle pourtant que l’Afrique a besoin de « développer une forte identité culturelle », ce que permet le cinéma. L’implication de l’Union africaine dans cette entreprise est indispensable. Mais cette prise de conscience au niveau continental devrait aussi concerner chaque pays.

Interpeller l’État

Les défis du continent africain pour le développement du cinéma sont multiples. Les politiques culturelles présentent des lacunes. L’institution panafricaine doit s'atteler aux problèmes de distribution et de diffusion des films, aussi bien au niveau continental qu’au niveau régional.

Il appartient à l’État de créer les conditions favorables au développement de cette industrie qu’est le cinéma. À travers la législation, l’État peut intervenir pour faciliter l’accès au prêt bancaire, diminuer les taxes et impôts, obliger un quota aux télévisions pour favoriser l'accès aux films. Les infrastructures économiques, techniques et commerciales (les salles manquent cruellement en Afrique) relèvent de la responsabilité de l’État.

L’implication des États est déterminante dans la mise en place d’une véritable industrie du cinéma. Mais l’engagement à tous les niveaux est nécessaire.« Il faut que les associations de cinéastes se mobilisent et constituent un groupe de pression. Mais le public aussi ! Vous les jeunes ! Vous devriez exiger de voir les films des cinéastes africains » lance Cheick Oumar Sissoko.

Dans un contexte de développement économique, le cinéma se présente comme un outil « déjà prêt » pour résorber les problèmes de chômage chez les jeunes, assez problématiques dans les pays de l’Océan Indien. Un message clair que le numéro un de la Fepaci voudrait faire entendre.

« Le cinéma, art et industrie, est créateur d’emplois » insiste Mohamed Saïd Ouma, le Secrétaire Régional (Océan Indien) de la Fepaci.

« Vous avez maintenant des arguments pour contrer ceux qui vous disent que le cinéma ne fait pas vivre. Le cinéma est générateur d'emplois ! C’est un message que nous devons marteler, que vous devez marteler, Mohamed et Laza, mais aussi vous, public, les jeunes ! » a conclu Cheick Oumar Sissoko.

Les échanges qui ont suivi la conférence ont montré l’intérêt réel des lycéens pour la culture et notamment le cinéma. Il est regrettable que les politiques n'aient pas pu les entendre.

 

Domoina Ratsara

RFC Vaovao

Plus d’infos : www.rencontresdufilmcourt.mg

 


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