Désiré Razafindrazaka a dit...   publié le 30/09/2013


Désiré Razafindrazaka a dit...

Le festival International Madajazzcar est une mobilisation partenariale au service du développement culturel.


Quel bilan tirez-vous au terme de cette 23e édition du festival Madajazzcar ?

Une grande satisfaction, car il s'agit là du travail de toute une équipe. Depuis plus de deux décennies, le succès du festival International Madajazzcar est la résultante des initiatives dynamiques de différents acteurs et d’un réseau de solidarité que nous fédérons et mobilisons au niveau du comité d’organisation.  Il s’agit d’une mobilisation partenariale au service du développement culturel. C’est à travers cela que nous avons pu inviter et faire participer plus de 20 artistes étrangers venus de 10 pays, et plus de 150 musiciens malgaches participants. Cette année, 50 concerts ont été organisés sur une vingtaine de sites à travers Madagascar (Antananarivo, Antsiranana, Fianarantsoa, Mahajanga, Nosy-Be, Tolagnaro) avec, au total, près de 30 000 spectateurs.


Quelles sont les principales difficultés inhérentes à l'organisation d'un tel évènement ?

Les difficultés ne manquent pas (problèmes organisationnels, soucis de financement,…), chaque partenaire ayant sa logique institutionnelle, ses procédures et contraintes propres, mais la bonne volonté et l'envie de réussir sont au rendez-vous à chaque édition. L'important pour nous est de faire travailler tous ces acteurs en synergie dans un climat de confiance et autour d’un objectif commun. C’est ce qui explique que le festival a pu se tenir régulièrement, au-delà des crises socio-politiques récurrentes. De plus, au fil des éditions, nous nous sommes aperçus que le niveau d’exigence a augmenté dans chaque cercle d’intervenants : chez les organisateurs, chez les partenaires, chez les artistes participants, mais aussi chez le public. Le défi est donc permanent et, d'une manière générale, on peut dire que cette dernière édition était à la fois la plus difficile et la plus enthousiasmante.

Comment cela se passe-t-il au niveau du budget ?

Il est important de rappeler que le festival n’a pas d’objectif commercial. Il est mis en œuvre par des bénévoles et une équipe technique grâce à la collaboration de différents acteurs qui programment et qui gèrent chacun leurs budgets respectifs. A part cela, le comité prend en charge la coordination et la communication globale de l’événement et assure la programmation de quelques groupes et artistes par le biais notamment des échanges de services avec des sponsors et partenaires, ce qui nous permet de rationaliser les coûts.

Quelle est, selon vous, la problématique du jazz à Madagascar ?

Il y a beaucoup de choses à dire. L’augmentation de l’affluence aux concerts, d’année en année, dénote un véritable engouement du public malgache pour le jazz dont l’accès tend à être décloisonné. Cela peut constituer un véritable marché pour les professionnels du secteur, d’autant plus que nos artistes n’ont rien à envier aux autres en ce qui concerne le niveau et le talent artistique. De même, la formation en jazz organisée avec Haja Ravaloson et les ateliers avec les différents groupes et musiciens invités au festival ont été un succès. C’est la preuve qu’il y a un véritable besoin et une réelle demande en matière de formation au niveau des musiciens et particulièrement des jeunes qui constituent la relève de demain, et c’est ce qui nous a décidés à organiser le prix « Tremplin Madajazzcar » pour la quatrième fois. Par ailleurs, au-delà du renforcement de l’enseignement musical et de la professionnalisation des acteurs, il faudrait multiplier les lieux d'expression musicale, voire créer d’autres festivals, favoriser l'accès des musiciens à des instruments de qualité, instaurer un système de bourses pour la formation à l’étranger des musiciens, favoriser et soutenir la création malgache, au niveau national et international, que ce soit au niveau de la scène ou la production de CD, avec un système de défiscalisation qui reste à mettre en place. Autant d'actions nécessaires pour l'émergence de la culture à Madagascar qui dépassent le cadre d’un festival, qui n’est qu’un maillon de la chaîne d’industrie musicale à Madagascar. Tout cela nécessite non seulement l’implication de la société civile mais aussi et surtout celle des pouvoirs publics.

 

Sources : l’Express de Madagascar le 23 octobre 2012 


 


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