Jaojoby a dit...   publié le 30/09/2013


Jaojoby a dit...

Aoe ! Jaojoby Eusèbe, le roi incontesté du salegy nous délivre ses impressions et partage ses connaissances sur ce genre musical à rythme ternaire et puissant, entraînant les danseurs dans sa spirale.

 


Peux-tu brièvement retracer l’histoire du salegy ?

Le salegy est en fait l’association d’une musique à mesure rythmique 6/8 jouée sur tout le territoire de Madagascar et d’un instrument venu de l’Occident, l’accordéon. Cette rencontre remonte au 19e siècle. Le mot salegy veut dire «une danse», le but est donc de faire danser les gens. Et comme on ne danse pas sur du silence, le salegy désigne aussi une musique.

 

Le salegy n’est donc pas joué uniquement au Nord et à l’Ouest de Madagascar ?

Tous les Malgaches, qu’ils soient du Nord ou du Sud, jouent du salegy. Les appellations varient d’une région à l’autre, mais qu’on l’appelle salegy au nord, basesa à Tamatave ou mangaliba à Fort Dauphin, ce sont les mêmes mesures rythmiques et la même musique. C’est la musique la plus populaire à Madagascar.

 

Y-a-t-il une dimension spirituelle dans le salegy ?

Le spirituel est plus ou moins présent selon les variétés de salegy. Dans l’antsa maventi, littéralement le «grand chant», on chante les louanges de Dieu ou des ancêtres,sur un tempo plus lent. Il y a aussi le goma, qui est scandé par des jeunes en cadence avec les battements de mains et de pieds. Sans oublier la sœur du salegy, malesa, sur la même mesure rythmique mais avec un tempo plus lent, plus love. On peut d’ailleurs faire une analogie avec le zouk love : le malesaest un peu le salegy love.

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Article paru dans Muzikalité n°45

Le bulletin trimestriel du Pôle Régional des Musiques actuelles de La Réunion

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