David Chassagne a dit...   publié le 04/12/2013


David Chassagne a dit...

Sans l'argent public français, allemand ou suisse, la culture malgache serait quasiment dénuée de finances.

 

C'est l'amer constat du monde artistique de la Grande Île qui sait que son sort est lié à la solidité des liens entre leur pays et le reste du monde. Et la France, évidemment, tient une place majeure dans les dispositifs de soutien. Notamment par le biais de l’Institut français de Madagascar / IFM (ex centre culturel Albert Camus), où travaille justement une réunionnaise, Aline Payet. Originaire du Tampon (de Dassy très exactement), Aline s'est rapprochée de son île natale après une dizaine d'années en métropole, où elle a réussi deux licences (Arts plastiques et sociologie) puis un master en politiques culturelles et relations internationales. Aussi l'annonce passée sur le site Réunionnais du Monde a-t-elle fait tilt : l'IFM cherchait, dans le cadre de France Volontaires, un chargé de relations entre Madagascar et, spécifiquement, La Réunion. Depuis deux ans, Aline Payet joue donc l'entremetteuse entre des opérateurs réunionnais et malgaches en matière culturelle. Pas simple à définir pour le commun des mortels et pas évident à mettre en place concrètement. La première phase, c'est bien sûr la diffusion avec la venue d'artistes réunionnais ici, comme Groove Lélé, qui a joué cinq dates en un mois. Mais il faut approfondir, ne pas rester sur l'écume : la coopération, ce n'est pas applaudir un Réunionnais qui vient jouer. Alors on avance, à tâtons… On essaie par exemple que le Centre dramatique de l'Océan Indien vienne régulièrement rencontrer les auteurs, lire des textes, travailler la mise en scène. L'IFM a aussisoutenu une expo consacrée aux jeux vidéos, entre autres.


Nous sommes trop souvent dans l'"épi", l'épiphénomène, l'épicoopération, au bord des choses, regrette soupire Greta Rodriguez, en charge d'Art Mada, un projet de coopération franco-malgache, qui avait lancé, l'année dernière, un projet autour des créateurs de mode, des entreprises de couture malgaches et de la formation en stylisme. Ça a fonctionné, puis ça s'est essoufflé tout seul, parce que les participants ont commencé à baisser les bras.

Pousser, toujours pousser, c'est l'objectif que ce sont fixés de jeunes malgaches, tous étudiants sortant de la filière médiation culturelle de l'Université de Tana. Faute de soutien gouvernemental à la culture, et les artistes n'ayant pas les moyens de se payer des managers, ils sont en train de créer leur propre métier en ayant monté le CRAAM (Centre de Ressources des Arts Actuels de Madagascar, www.craam.mg) il y a un peu plus d'un an. Nous recensons les artistes de Madagascar, leur faisons comprendre qu'ils ne sont pas tous seuls. Entre demandes de renseignements pour établir des passeports, fiches techniques sur les droits des artistes, réalisation de plaquettes ou dossiers de presse, les jeunes du CRAAM ont de l'appétit, sachant qu'ils ne peuvent compter… que sur des soutiens étrangers : ceux d'Art Mada, de l'IFM et, ici, l'aide précieuse du Pôle régional des musiques actuelles / PRMA. Le CRAAM, des jeunes qui ont du cran.

Source :

Journal de l’île de la Réunion / www.clicanoo.re


Commentaires

Votre commentaire