Benjamin minimum a dit…   publié le 21/01/2014


Benjamin minimum a dit…

Un secteur semble échapper à l’appauvrissement à Madagascar: la musique.

 Madagascar n’a malheureusement pas usurpé sa réputation de pays parmi les plus pauvres au monde, la mendicité et la prostitution y sont très présentes, voir banalisées. Les trésors naturels du pays, comme les bois rares où les minerais sont l’objet de trafics dont on ne sait pas à qui ils profitent réellement et les menaces écologiques sont constantes. Déforestation incontrôlée, lente stérilisation des rizières due à une surproduction de briques artisanales ... Même l'animal emblématique du pays, le sympathique lémurien, est en danger car la population commence à le chasser pour sa chair. Un secteur semble toutefois échapper à l’appauvrissement : la musique.

Les richesses musicales de Madagascar

Le pays compte foison de rythmes et d’harmonies provenant des quatre coins de la Grande Île, une importante palette d’instruments typiques de grande vertu musicale et il semble impossible d’y rencontrer un vocaliste dont la justesse ne soit parfaite et le timbre n’évoque le miel.  A travers les années, une belle poignée d'artistes malgaches tels JaojobyD' GaryRajeryMahaleoJustin ValiRegisGizavo ou encore Tarika se sont fait reconnaître en Occident, mais  aujourd’hui toute une génération de jeunes musiciens semble réunir toutes les qualités pour séduire les mélomanes du monde entier. Gilles Lejamble en est suffisamment convaincu. Il n’a pas hésité à produire, sur ses propres fonds, du 7 au 9 mars 2013, l’opération « Madagascar, Voyage au cœur de la Musique » dont le cœur fut l’organisation de trois soirées de présentations de jeunes artistes pour un public majoritairement constitué de professionnels en provenance de la Réunion voisine et de métropole. 

Gilles Lejamble est un homme hors normes. Ce fils et petits fils d'instituteurs de sangs mêlés, qui avoue des ancêtres normands, a naguère été agent pour le continent africain du bassiste prodige Jaco Pastorius. Il s'est aussi, un temps, engagé en politique, mais ses visées anti-corruption lui apportèrent surtout 18 mois d'embastillement. En 1987, il a coproduit le seul film malgache jamais présenté au festival de Cannes, Tabataba de Robert Archer et Raymond Rajaonarivelo, et perdit tout son investissement à cause d'un associé sans scrupules. Il s'est depuis renfloué avec son métier de pharmacien qu'il exerce sur l´île de Nosy Be dans le nord-ouest malgache. Attristé par le nombre de clients sortant de son officine sans pouvoir acheter les médicaments dont ils avaient besoin et affolé par la nocivité des remèdes vendus au marché noir, il s'est lancé avec succès dans l'importation de génériques. Mais son amour de la musique et sa conviction des bienfaits du développement culturel l'ont poussé à créer Libertalia Music Records. Ce nom fait écho à une république libertaire qui aurait été crée au XVIIIe siècle entre Nosy Be et Diègo-Suarez, par un pirate et un prêtre défroqué, utopie relatée sous la plume du capitaine Charles Johnson, soupçonnée d'être guidée par l'auteur de Robinson Crusoé, Daniel Defoe

 

Le caractère légèrement utopique de l'entreprise du fondateur de Libertalia Records est donc assumé, mais aussi pondéré par une espérance de rentabilité sagement fixée à très long terme. D'ici là Gilles Lejamble espère bien donner un coup de pouce à quelques talents malgaches, à travers la production de disques de qualité, l'organisation de spectacles aux normes occidentales et une promotion à visée internationale. Pour préparer l'événement, le pharmacien mécène a su s'entourer de professionnels aguerris et soucieux de partager leur savoir. Il s'est assuré du concours d'un manager réunionnais pour conseiller les artistes, d'un éclairagiste de théâtre français qui a également assuré une formation. Il a confié la direction artistique des groupes au multi-instrumentiste, compositeur et arrangeur malgache Silo, qui est également le premier artiste du label  et la coordination générale à Mboahangy Andriamihamisoa, une jeune et dynamique diplômée en commerce et marketing et accessoirement épouse du précèdent, en qui Gilles Lejamble a toute confiance : « Dès que l'histoire est lancée je compte lui laissé les rennes du projet, car pour ma part je veux que ça reste du plaisir ». Pour assurer les voyages des différents invités, ils ont scellé un partenariat avec Air Madagascar et pour compléter le budget se sont rapprochés de la bière homonyme Libertalia. 

 Source : www.mondomix.com

Plus d’infos :

 

Facebook / Libertalia.Music.Records 

 


Commentaires

  • Par : andriamihaja@ymail.com, 2014-01-22 08:21:46

    Bonne idée !

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