PREDIFF a dit...   publié le 05/05/2014


PREDIFF a dit...

Saviez-vous que plus de 80% des Malgaches ne parlent que malgache et plus de la moitié sont des jeunes de moins de 10 ans ? Qu’en 1982 on a recensé 1 549 titres à Madagascar et,en 2007, l’édition malgache n’a compté que 1 400 titres dont 236 manuels scolaires, 33 livres parascolaires et 55 livres de littérature pour la jeunesse.

Aujourd’hui, PREDIFF (Presse Edition et Diffusion)  lance une alerte sur l'envoi massif de dons de livres à Madagascar.                    

Le saviez-vous ?

. En 2003, 293 tonnes de livres en langue étrangère ont été envoyées à Madagascar, nécessitant la somme de 376 400 € pour leur envoi ;

. En 2004, 309 tonnes de livres en langue étrangère ont été envoyées à Madagascar, nécessitant la somme de 397 390 € pour leur envoi ;

. En 2005, 328 tonnes de livres en langue étrangère ont été envoyées à Madagascar, nécessitant la somme de 420 470 € pour leur envoi ;

. En 2006, 1 082 tonnes de livres ont été envoyées à Madagascar, nécessitant la somme de 1 138 877 € pour leur envoi ;

. Une partie de ces sommes consacrées aux envois seraient plus utilement dépensées dans l’achat de livres locaux, de meubles de rangement et même de bâtiments pour installer  / rénover des bibliothèques ;

. L’envoi massif de livres nuit à l’activité des librairies, au développement de l’édition locale et n’encourage pas  la lecture car il ne correspond pas au besoin réel ; cet envoi induit ainsi en erreur la majorité des lecteurs malgaches qui pensent que le livre est un produit qui se donne mais ne s’achète pas ;

. Les écoles qui reçoivent des dons de livres de l’étranger n’achètent plus de livres édités localement même si cela leur permet de dégager un budget pour l’achat local et même si les offres sont différentes ;

. La majorité des quatre millions d’enfants malgaches scolarisés sont en milieu rural et l’enseignement s’y fait en malgache et quelques fois en bilingue français/malgache ;

. Pour donner le goût de la lecture aux enfants, il faut les faire lire dans leur langue maternelle ;

. 132 centres de lecture sont implantés dans les zones reculées et plus de 80 % des livres s’y trouvant sont en français, alors que les animateurs de ces centres parlent à peine le français et, de ce fait, ne pourront pas faire  des animations pour susciter à la lecture ;

. Les enfants malgaches dans les 19 395 établissements publics n’ont aucun livre en malgache à lire en classe ;

. Le livre permet de garder, de transmettre et de diffuser les connaissances et la culture, qui fait l’identité d’un pays ;

. Les ONG qui font des actions en direction des enfants de rue apprennent à lire et à écrire à ces enfants avec des livres en langue française, langue qu’ils n’utilisent  même pas dans leur vie quotidienne ;

. Des  centaines de milliers de touristes viennent à Madagascar et laissent des livres usagés dans les villages en brousse sans se demander si cela leur est vraiment utile ou pas ;

. Ces livres donnés sont généralement laissés dans les cartons ou entassés sur un petit meuble parce qu’il n’y a pas de places pour les ranger ;

. Il existe une Charte du don de livres qui régit les envois de dons  et qui recommande le partenariat avec les éditeurs locaux pour les achats de livres (article 16. : « De manière générale, il serait très souhaitable de rechercher le partenariat des éditeurs locaux afin d'acquérir des ouvrages d'auteurs locaux à mettre à la disposition des lecteurs ») ;

. L’acte de donation doit s’accomplir dans un vrai esprit de partenariat à deux sens pour le respect mutuel de chacun (article 18. : « Dans un véritable esprit de partenariat, donateurs et destinataires collaboreront pour faire connaître à leur public respectif, la culture de l'autre par le biais d'animations autour du livre, du conte, de la musique et des arts plastiques ») ;

. Le don entretient l’assistanat et ne conduit pas à un développement durable de l’édition malgache et la lutte contre l’analphabétisme ;

. Editer des livres en malgache qui parlent de la vie des Malgaches susciterait plus d’intérêt aux enfants malgaches ;

. Il existe une chaîne du livre malgache déficiente (quelques centaines d’auteurs publiés, vingt-cinq librairies, seize éditeurs malgaches et 295 bibliothèques) mais prête à relancer l’édition malgache et à offrir des livres de qualité aux enfants malgaches ;

. Pour que cette chaîne puisse se construire, elle doit s’appuyer sur les achats des institutions, des associations et ONG œuvrant dans l’éducation et des bibliothèques ;

. Un livre produit à Madagascar est tiré en moyenne en 500 exemplaires et il n’est en général pas réédité faute de moyens ;

. Un livre pour enfant en malgache est vendu à 10 000 Ar (3 €) et il sera difficile pour le Malgache ayant un salaire mensuel de 80 000 Ar (27 €) de consacrer un budget à la consommation de livres ;

. L’édition malgache est encore occupée par les livres religieux. Pourtant, on ne constate pas leur impact sur la lecture auprès de la population ;

. Il existe une politique du livre à Madagascar. Nous espérons vivement que la nouvelle ministre de l’Artisanat, de la Culture et du Patrimoine fera en sorte que cette politique soit désormais mise en œuvre ;

.  Pour que l’édition malgache se structure et constitue un véritable levier de développement pour le pays, il nous faut un véritable appui de la part de l’Etat.

Ensemble,  optons pour une nouvelle manière de « Donner ». Donnons la chance à nos enfants – acteurs pour le devenir du pays – de lire dans leur langue maternelle, afin qu’ils construisent  eux-mêmes leur identité culturelle ; aux auteurs malgaches de s’exprimer et à la culture malgache de s’épanouir dans la diversité.

Ceci est un appel à manifestation d’intérêts pour le développement de l’édition à Madagascar.  Pour en parler,

contactez :

Marie Michèle RAZAFINTSALAMA

Libraire/Editrice à Madagascar

www.prediff.mg

prediff@prediff.mg



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