Ludovic Rianando invité au festival Kurzfilmtage (Winterthur / Suisse)   publié le 30/09/2013


Ludovic Rianando invité au festival Kurzfilmtage (Winterthur / Suisse)

En sept ans, les courts-métrages malgaches ont gagné en visibilité sur la scène internationale avec notamment des diffusions dans de grands festivals et télévisions occidentaux.  Le court-métrage de Rianando Ludovic, Rush (sélection des 7e Rencontres du film court/ RFC 2012 — catégorie Diaspora) a été sélectionné en compétition internationale au festival Kurzfilmtage de Winterthur en Suisse qui se tiendra en novembre prochain. 

Synopsis de Rush (10 mn)

Des amis décident de tourner un film mais se font voler leur caméra dans la rue. La caméra-œil, à la fois objet de tentation et personnage principal du film, se retrouve trimbalée dans les bas-fonds d’Antananarivo, croquant des scènes que l'on ne devrait pas voir (fumeurs d’herbe) et enregistrant des propos que l'on ne devrait pas entendre (injures, larcins…).

Entre reality-show, action et drame, la fiction, ici, dépasse de loin la réalité. Le film ouvre les yeux et torpille l'esprit sur les réalités de la vie quotidienne malgache. Avec son discours cru, sans morale et ses cadrages improbables / chaotiques, Rush aurait pu emporter le 1er prix de la catégorie « Réalisme acide » lors des 7e RFC s’il avait existé.

A travers ce film, j’ai voulu démontrer qu’avec peu de moyens, on peut réaliser de bons films. Les réalisateurs malgaches sont doués, mais bloqués par une carence au niveau des matériels. Ce complexe entraîne une certaine paresse, à tous les niveaux. Tourné en un jour et demi, on a dépensé près de dix mille ariary pour le tournage de Rush, dont la majeure partie a été improvisée en fonction du décor et des personnages, confie Rianando Ludovic.

Détour sur le parcours atypique de Rianando Ludovic

Originaire d'Antananarivo, Rianando Ludovic Randriamanantsoa a grandi dans les années du boom de la projection vidéo où le cinéma se résumait à des films d’action et d’horreur. Fasciné par le monde des images, en 2004, il commence à écrire des scénarios pour une sitcom de la télévision nationale TVM et suit une formation d'opérateur de radiodiffusion à la radio Don Bosco. Il participe, dans la foulée, à l'émission-concours en reportage interrégional malgache, « La Preuve par 6 » diffusée par la chaîne RTA. En 2006, il tente une percée lors des premières Rencontres du film court avec son court-métrage Palindrôme et devient cofondateur de l'association Iris (une association de réalisateurs malgaches). Convaincu de la nécessité d’une formation spécifique,  il participe à de nombreux ateliers sur le cinéma à Antananarivo et obtient, par la suite, une bourse d'études pour intégrer l'Ecole supérieure des arts visuels de Marrakech (ESAVM) en 2008 où il  étudie le cinéma pendant trois ans et réalise quelques courts-métrages (Crash / Jim et Jules / Je me souviens / Le Collier). En avril 2011, il présente son exercice documentaire intitulé Ça tourne à Elmsalah aux 25e Rencontres internationales des écoles de cinéma et d'audiovisuel à l'ESAV (Toulouse / France).

En 2011, son court-métrage de deuxième année, Le Glas (6 mn) est sélectionné lors des 6e RFC et emporte le Zébu d'or dans la catégorie Fiction. Marqué par une éducation basée sur le respect de la dignité et la valeur de la personne humaine, il démontre à travers cette œuvre son approche sociale et humaniste du quotidien en évoquant la prééminence de la dignité humaine. Grâce à ce prix, il bénéficie d’un mois de formation à la Haute Ecole d’art et de design de Genève et d’une invitation au festival Kurtzfilmtage de Winterthur (Suisse) en novembre 2011 où Le Glas est présenté dans le cadre du « Spécial focus Madagascar ». La même année, il est sélectionné au 26e Festival de Namur (FIFF) pour participer à l’atelier « De l’écrit à l’écran » avec son scénario Du riz blanc aux drogues noirs, sur la violence des tirailleurs sénégalais en 1941.

En 2012, il participe aux 7e RFC avec Rush  (10 mn) dans la catégorie Diaspora et a collaboré avec d’autres réalisateurs comme Michel Radonirina pour la réalisation de Dooz et Luck Razanajaona pour Zébu de Dadilahy.

Lien : http://www.kurzfilmtage.ch/

 


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