Erick Manana fête ses 35 ans à l’Olympia   publié le 04/12/2013


Erick Manana fête ses 35 ans à l’Olympia

Subtile et délicate, sa musique dépasse largement les rivages de son île. Erick Manana, ambassadeur du ba gasy, a célébré ses 35 ans de scène à l’Olympia.

Avant de s’envoler vers la capitale française, Erick Manana a déjà célébré son 35e anniversaire  lors d’un concert avec la flutiste et violoniste allemande Jenny Fuhr au Palais des Sports de Mahamasina, pour la promotion de leur nouvel album 2cv an-dRandria.

Je suis malgache mais je viens de partout, sa déclaration fétiche a fait ses preuves. Celui qui a promu la musique et la culture malgaches au niveau international a reçu le 12 janvier dernier la médaille du Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres lors de son concert à l’Olympia / Paris-France. Un show inédit où Erick Manana a  tenu à rendre un vibrant hommage à ceux qui l’ont inspiré, notamment les valihistes Razilinah et Bariliva. Le virtuose s’est entouré de ses compagnons de toujours comme Lôlô, Farah, Modeste, Goda, Dama, Solo Andrianasolo, Benny, Fafah, Donné, Solofo Bota, Hery Kely, Titi, Sata, Kolibera, Jenny et Nini. Pendant trois heures, retrouvailles, partages et émotions ont envahi la mythique salle de l’Olympia remplie de ses inconditionnels fans malgaches, français, suisses et allemands. Ensemble, ils ont entonné les chansons qui ont marqué les plus belles rencontres du chanteur pendant 35 ans, allant du folksong au jazz en passant par le vakodrazana, sans oublier le ba gasy endiablé par ses jeux de guitare. 

Amoureux  transi de la musique et de son pays, Rafilipomanana alias Erick Manana est « entré en musique » dès son jeune âge. Grâce à son grand-père, il s’est familiarisé avec les paroles, les rythmes des hauts-plateaux et le style ba gasy. Fortement inspiré par la technique de la valiha et de la guitare de Razilinah, Erick Manana la  modernise en y apportant des touches plus harmonieuses. A peine âgé de vingt  ans, il fonde  Lôlô sy ny Tariny, un groupe qui connaît un succès phénoménal dans les années 1970 avec une première tournée en France grâce au chanteur néo-zélandais Graeme Allwright. Un voyage qui pousse Erick Manana à s’installer à Bordeaux et à devenir  le guitariste attitré de ce dernier. Depuis ce jour, l’artiste se consacre à la musique en créant Feo Gasy en 1995  aux côtés du flûtiste RakotoFrah, avec un répertoire axé sur les polyphonies des Hauts-Plateaux. En 1997, il sort son premier album solo Vakova enregistré en live pendant le Festival des Nuits atypiques de Langon (France) — un album qui a reçu le Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros. Il poursuit son chemin en collaborant avec les accordéonistes Régis Givazo, Justin Vali et Solo Razaf. En mars 1999, il sort un second album Taniko  en hommage à sa terre natale. Un thème récurant dans ses chansons, où l’on retrouve également des textes parlant des liens familiaux, du respect et de l’amour avec des accords de guitare oscillant entre mélancolie et joie.

Toujours en quête de nouvelles perspectives, Erick Manana fonde Hot Club Madagascar  en 2012, un quarter inspiré du Hot Club de France de Django Reinhart et Stéphane Grappeli. HCM est composé de lui-même, du guitariste Solo Andrianasolo, du bassiste Dina et du chanteur Benny. Une collaboration qui s’est fait avec naturel compte tenu de leur back-ground. Le quarter a fait une première apparition lors du concert d’Erick Manana le 12 janvier à l’Olympia. Le  premier album Guitares manouches et voix malgache du HCM est composé de douze titres, entre autres, « Bonjour Madame la Guitare », « Aza ariana ny lambanao », « Ra Maloya, maty aho ê ! ». Il s’agit de réinterprétations de chansons de grands standards internationaux adaptés à la langue et aux rythmes traditionnels  intégrant les deux symboles clés de la musique malgache : la voix et le tempo ternaire 6/8 soutenu par le son de deux guitares manouches. Avec ce nouveau projet artistique, Erick Manana compte garder son rôle d’ambassadeur de la musique malgache tout en y apportant une valeur pluriculturelle. Conquérir l’univers de la world music et dépasser les frontières Madagascar-France, tel sera sa devise !


 


Commentaires

Votre commentaire