Mash Manjaka : « L’unité dans le reggae »   publié le 26/09/2016


Mash Manjaka : « L’unité dans le reggae »

Ayant commencé la musique très tôt, Mash Manjaka Tsirefesimandidy sait développer un sens aigu des vibrations et des sons. Il nous confie son univers.

A notre rencontre, un personnage militant en la personne de Mash Manjaka.

Bonjour Mash Manjaka, et si on commençait par un bref aperçu de votre parcours?

Le groupe Mash Manjaka a débuté en 1999. On a d’abord commencé avec le hip hop car c’est ce qui était le  plus accessible au public bien qu’on ait déjà commencé à faire du sound system à cette époque. Le plus important c’est que jusqu’à maintenant, on peut et on veut encore continuer le mouvement pour promouvoir la musique urbaine et les textes qui font appel à la conscience.

Que représente le reggae pour vous ?

Ce qui m’a mordu dans le mouvement reggae c’est plus l’unité, le fait d’avancer ensemble main dans la main. Et personnellement, il n’y pas trop de différence dans ce que disent les reggaemen dans leurs textes avec notre façon de voir les choses. En effet, la culture malgache même est bel et bien traduite dans  le reggae qui parle de paix et de fraternité et qui invite surtout ceux qui nous écoutent à ne pas s’entretuer, à ne pas se mépriser ou à partir chacun dans son côté.

On peut sentir beaucoup d’engagement dans vos textes. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Comme tout croyant qui se respecte, j’aime parler de mes racines parce qu’il y a ceux qui étaient avant nous, qu’on appelle les « razam-be » (les anciens) et puis nous malgaches. Bien avant tout ce qu’on est en train de vivre actuellement, nos ancêtres étaient déjà croyants. Ils étaient convaincus de l’existence d’un créateur en qui on peut demander pardon et qu’on peut remercier. Nos textes œuvrent dans ce sens. Aussi, on aime parler d’unité.  Certes, Madagascar possède dix-huit tribus mais il n’y a qu’une seule Nation malgache. On ne sent pas trop d’unicité dans le pays et c’est notre plus grand problème. Cela répercute sur plusieurs domaines comme la politique, l’économie et surtout le social.  On essaye de traduire tout cela dans nos textes.

Nous sommes en plein dans le Fianar Reggae Festival ?  Que représente pour vous ce festival ?

Participer au Fianar Reggae Festival est un honneur pour moi parce qu’il n’y a pas trop de scènes ou de plateforme qui soient dédiées à la promotion de la culture reggae à Madagascar. Ce n’est pas facile de faire les choses et si on en est là maintenant, c’est parce que ces frères-là  ont tenu le coup et ont tout fait pour que le mouvement avance. Et comme partout où je vais, où j’ai partagé le message « conscient », j’essayerai de donner le maximum possible à ceux qui m’ont invité et surtout à ceux qui vont être là pour écouter de la bonne vibration.

Que diriez-vous aux jeunes générations qui veulent œuvrer dans ce sens?

Moi, Mash Manjaka Tsirefesimandidy, le message que je voudrais passer à tous mes frères et sœurs, c’est être exigent avec ce qu’on leur propose, avec ce qu’on leur demande de faire et surtout avec les choses qu’ils aiment. Je ne dis pas qu’il faut écouter nos textes ou ceux de mes amis mais d’essayer quand même de commencer à filtrer ce que vous mettez dans la tête et ce que vous prenez comme tendance afin de faire (re)découvrir ce qu’est la « bonne musique ». De plus, il ne faut pas oublier que nous sommes à Madagascar. Bref, la première sagesse est de savoir peser le bien et le mal.

Appréciez cet extrait vidéo de Mash Manjaka.

 

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RatafikArnaud


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