Rencontre avec Fidisoa A. J.Ramanahadray   publié le 30/09/2013


Rencontre avec Fidisoa A. J.Ramanahadray

Fidisoa a de l’énergie à revendre et ne cesse d’élargir ses horizons (...) ici l'interview!

Admirateur des grands photographes Ramily Rakotondrazaka et Pierrot Men, Fidisoa a de l’énergie à revendre et ne cesse d’élargir ses horizons. Photographe engagé, journaliste free-lance, promoteur et organisateur du Mois de la photo Sar’nao à Tananarive, il figure parmi les photographes les plus actifs de Madagascar.


Votre parcours en quelques mots ?

Artiste-photographe, photojournaliste et  reporter, ce sont là mes trois façons de regarder et capter la vie. J’ai commencé la photographie en 1981 en autodidacte. A force de ténacité, d’études et de recherches personnelles, je me suis spécialisé dans la technique du sténopé. Je fabrique moi-même mes sténopés avec des kapoaka (boîtes de conserve), des potirons, du bambou ou du papier mâché. Cet aspect peu conventionnel de la pratique photographique me vaut une renommée un peu particulière sur l’île. Mais j’ai aussi une forte passion pour l’argentique, ce qui me permet de pousser mes limites et celles du sténopé, de toujours créer, faire surgir le regard. Je me suis aussi familiarisé avec le numérique et les techniques de retouche d’images. Pour le reste, j’aime impulser aux jeunes photographes cet esprit de recherche, en leur enseignant le sténopé et l’art de la photo en général.

Quels sont les temps forts de votre carrière ?

En 2004, j’ai obtenu le prix « Ansel Adams » offert par le Centre culturel américain à Madagascar pour l’ensemble de mon travail. En 2005, j’ai gagné le premier prix « Portrait d’artiste » lors du festival de photographie Photoana, à Tananarive. La même année,  j’ai été sollicité pour donner une formation au Studio national des Arts contemporains Le Frenoy à Lille (France) en partenariat avec Le Grand Bleu. J’ai aussi été lauréat du concours organisé par la World Press Photo, le Fida et Ouestaf en 2010, suite auquel j’ai participé à un stage sur le photojournalisme à Dakar. J’ai également effectué deux stages à Arles, en France.

Qu’en est-il de vos collaborations ?

Homme passionné et ouvert à toute collaboration, je suis très fier d’avoir eu à travailler avec des photographes de renom comme Olivier Cullmann, Antoine Tempe, Pascal Grimaud, Pierrot Men ... et des institutions comme le Centre culturel américain (CCA), l’Institut français de Madagascar (IFM), le projet Art Mada 2. Je suis souvent sollicité à donner des formations au sein des écoles comme le Lycée français de Tananarive (LFT), des ONG (ATD Quart-Monde, Handicap International…), des associations et à des particuliers. 

Quels sont vos sujets de prédilection ?

Je me considère comme un photographe engagé qui œuvre en faveur de grandes causes comme les droits de l’homme. Etant également journaliste d’investigation, j’ai contribué à la production d’un film, d’un livre édité en trois langues (français, anglais et malgache) et de deux expositions photographiques intitulés Mafonja, Droits et peines, un reportage dans dix prisons de Madagascar financé par l’Ambassade américaine et la Coopération Française : une immersion dans la vie carcérale à Madagascar. Pour moi, la photographie doit être au service des grandes causes : l’écologie, les droits de l’Homme, l’éducation, l’humanitaire. Je préside d’ailleurs depuis près de sept ans l’association Stenop’Art, une association de photographes épris de ces grandes causes et qui organise aussi, depuis 2010, le Mois de la photo SAR’nao  à Madagascar.

En parlant du Mois de la photo SAR’nao ?

De retour de Bamako (Biennale africaine de la photographie) en 2009, avec l’association Sténop’Art, on a décidé d’organiser la première édition du Mois de la photo SAR’nao pour la promotion de l’art photographique malgache. Depuis la première édition en 2010, l’événement met en place des ateliers pour les photographes malgaches, organise des conférences-débats, crée des concours et décerne des prix afin de stimuler la jeune création. Cette année, le Mois de la photo SAR’nao se tiendra du 3 au 30 novembre, dans différents endroits de la capitale.

Le mot de la fin ?

Il y a beaucoup de bons photographes à Madagascar, mais peu d’entre eux ont la méticulosité et la patience de persévérer. Il y a des normes et des règles à respecter, des subtilités à savoir saisir en matière de photographie. Voilà pourquoi nous souhaitons donner une place aux jeunes talents avec SAR’nao.



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