Paul Bloas et ses géants de papier en quelques coups de crayon…   publié le 04/12/2013


Paul Bloas et ses géants de papier en quelques coups de crayon…

De passage à l'IFM pour exposer ses « bonhommes » géants du 4 au 22 décembre, Paul Bloas - artiste peintre brestois né à Madagascar - se livre autour d’un café.

 


Mes parents étaient bretons, mais j’ai grandi à Madagascar. Nous sommes rentrés à Brest quand j’avais neuf ans. J’ai fait mes études à l’école des Beaux-Arts de Brest où j’ai collé mes premières silhouettes sous le pont de L’Harteloire.

Brest, c’est mon port d’attache, c’est là que j’ai toujours testé mes images. Mon travail a commencé avec des « silhouettes » peintes, tout en simples contours blancs, et des fresques murales que je dispersais dans les lieux délaissés, déclassés de la grande cité portuaire, port de commerce, quartier de Recouvrance, et notamment en 1991 à la prison de Pontaniou ancien centre de détention de l'arsenal de Brest.. Depuis les années 1990, j’installe mes bonshommes géants dans les villes d’Europe et d’ailleurs (Berlin, BudapestBilbao, Madagascar,...).

J’aime créer des peintures géantes (2 x 3,80 m) réalisées en atelier au trait brut et coloré, sur papier que je floque ensuite in situ pour les insérer au mieux dans le décor ambiant qui reste le sujet essentiel. Elles vieillissent naturellement au gré des intempéries, ou plus radicalement sous la griffe humaine. Traitant de l'éphémère, pétries d’éphémère, mes œuvres monumentales épousent (révèlent peut-être ?) les lieux sans jamais les agresser. Mes œuvres suggèrent seulement des sentiments. Elles sont une présence comme l'âme envolée de ces lieux abîmés, fatigués. Je ne tiens pas à phagocyter le regard du passant par une tache brutale qui se détache d’un ensemble mais au contraire l’amener à percevoir autrement le lieu.

Dernièrement, j’ai achevé un programme de peintures dans un ancien camp de la légion étrangère dans la baie de Diégo-Suarez (Nord de Madagascar), la terre de mon enfance. J’y tiens un atelier depuis 1999. Un film, disponible en dvd, et un ouvrage, tous deux intitulés Mada ; debout de terre et d’eau, en retracent l’aventure créatrice.

 

 

Côté collaboration avec les artistes malgaches, j’ai rencontré Rijasolo, artiste photographe malgache, par hasard à Brest (Bretagne). Depuis 2011, il réalise à mes côtés des photoreportages, une sorte de making off sur l’ensemble de mes travaux. Il m’a donc accompagné sur quelques expositions notamment dans le quartier d’Ampefiloha, à l’Alliance française de Tananarive, et sur une exposition qui se tient actuellement à l’IFM jusqu’au 22 décembre prochain.  Dans ce cadre, je ferai une performance  le samedi 8 décembre à 15h, accompagnée d’une projection de mon film.

Madagascar, cette terre de mon enfance, est  culturellement riche. Certes, le secteur des arts plastiques est un peu latent mais ce n’est pas la volonté qui manque chez les plasticiens locaux. Le manque d’infrastructures et l’absence d’école dédiée aux arts persistent et enfreignent le développement de ce secteur. Mais on peut dire  que le secteur musical est plutôt florissant. Je suis particulièrement fasciné par le Tsapiky, cette musique entraînante du Sud. D’ailleurs, je projette bientôt de faire une escapade dans cette région de la Grande Île.

 

 

 

 


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