Nonoh Ramaro : l’artiste peintre curieux à l’infini…   publié le 04/12/2013


Nonoh Ramaro : l’artiste peintre curieux à l’infini…

La peinture, c'est un choix qui s’est imposé à moi sans que j’aie à me poser la question.


C'est le « souffle de ma vie ». Je ne pourrais pas vivre sans, confie Nonoh Ramaro.

Né à Nosy Be Hell-Ville en 1977, Landry Richard Ramaroniaina alias Nonoh Ramaro figure parmi les grands noms de la peinture malgache. Artiste plasticien autodidacte, Nonoh Ramaro tisse très vite des liens forts avec ses amis bédéistes et participe à plusieurs ateliers de formation afin d’aiguiser son style et assouvir sa curiosité. En 1998, il signe sa première exposition d’aquarelles à Tananarive, s’ensuivent plusieurs expositions collectives où l’on retrouve l’influence de Richard Razafindrakoto ? grand artiste peintre malgache.

Richard Razafindrakoto m'a initié à l'expression contemporaine. Il m’a permis d’explorer d’autres techniques ; avant j'étais toujours tourné vers l'aquarelle, explique-t-il.

Ouvert à d’autres disciplines artistiques, Nonoh Ramaro fonde sa compagnie de danse Jamoka en 2002, compagnie qui a représenté Madagascar aux Jeux de la Francophonie en 2005.

 

« De moins l'infini vers plus l'infini » ?  titre de son exposition à l’IFM en 2011 ?, une formule qui pourrait bien résumer le tempérament de cet artiste vif, habité d’une profusion d’images, de lignes, de couleurs, de perspectives, et d’idées mi-abstraites mi-figuratives et quasi mystiques.

On pourrait facilement compter plus de huit couleurs différentes sur le seul visage d'un figurant, sans pour autant verser dans le gribouillage, constatait un visiteur de l’exposition.

Les œuvres de Nonoh Ramaro en techniques mixtes qui mêlent aussi le coulage et la superposition fascinent. Cela donne, par exemple, un tableau où les rondeurs parfaites d’une femme, jetant un regard lointain, ont l’air de s’éloigner dans un vif abstrait et sillonnant de lignes et d’éclaboussures. En regardant le tableau, le visiteur a l’impression de plonger dans les confins de l’univers.

Ma peinture est thérapeutique. Si tu te sens lourd après une journée de travail et que tu regardes mes toiles, tu te sentiras moins stressé. Certaines couleurs peuvent faire du bien, confie l’artiste. 

L’ensemble de ses œuvres démontre la vivacité de son esprit créateur. Nonoh Ramaro est de ceux qui ne se reposent jamais. Toujours à l’affût de la moindre étincelle qu’il transforme en œuvres éclatantes et multicouches, ses toiles à l'expression contemporaine affichent une esthétique époustouflante. Cette même énergie peut cacher d’autres esthétiques et d’autres techniques, qui peuvent être en continuité ou en rupture avec le style qu’il a développé au cours de ces dernières années. Cette expo s’annonce comme un voyage sans fin, vers les antipodes artistiques et les limites de l’inépuisable, lance l’IFM dans le cadre de cette exposition.

Ce qui m’anime avant tout, c'est le regard que les visiteurs posent sur mes toiles. J'aime observer leurs expressions. La transmission des savoirs et le respect de la hiérarchie sont très importants chez nous, les Malgaches. J’ose affirmer que mes toiles sont le reflet de la vie et de la culture malgache.

Parmi mes œuvres, Tsy very mandeha marque ma vision de la vie et de son univers. Au premier plan, un jeune homme sous son lamba. En second plan se trouve le visage gigantesque d'une femme d'un certain âge. Avec ces deux personnages en superposition, j’évoque l’importance du lien existant entre les ancêtres et les vivants. Le culte des ancêtres étant un élément clé des rites et coutumes malgaches.

Je vis dans un univers à l’infini. Pour ma part, la science et l’art sont tous les deux des actes de création. Le premier est vérifiable et quantifiable, tandis que le second n’a pas de limite, conclut-il.

Preuve de son talent sans fin, Nonoh Ramaro a été l’invité d’honneur du 11e marché de peinture Mad'Arts sur Vie /  salle de la Martelle / France, en décembre 2012.

Le principe de ce marché est de collecter des fonds au profit de la scolarisation et la formation des enfants de Madagascar. L’ensemble des œuvres exposées est à vendre, avec des prix accessibles à toutes les bourses, assure Philippe Goineau, l’un des organisateurs. Trente-quatre artistes ont répondu présents lors de l’édition 2012.

Plus d’infos :

Association Mada-sur-Vie / organisatrice du marché de peinture Mad’Arts

Tèl : +33 02 51 06 46 17

Contact mail : paulette.cossard@free.fr

 

 

 

 


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