Sleeping Pop : l’artiste multipass   publié le 31/01/2015


Sleeping Pop : l’artiste multipass

De passage au CRAAM, Hanta Navalona Razafimanantsoa a.k.a Sleeping Pop nous raconte ses aventures d’artiste multipass.

Elle est jeune, branchée, un peu réservée mais toujours le mot pour rire. Agée de 21 ans, Sleeping Pop est une vraie touche-à-tout.  Maquillage artistique, body painting, bande dessinée, illustration, danse, musique (batterie), cinéma (film d’animation)... son univers artistique paraît sans limite.

Le pseudo « Sleeping Pop »

C’était lors d’un atelier professionnel de danse – étant donné que je suis également une férue  de la danse hip hop –,  on me trouvait toujours endormie quelque part, dans les escaliers, sous la table, au coin de la salle...  à chaque temps de pause, d’où « Sleeping » et « Pop » provenant de la danse Hip Hop.

 

 

Mon parcours d’illustratrice-bédéiste en quelques points

Je dessine depuis l'âge de quatre ans. Je n'ai pas de statut professionnel  mais je commence un peu à gagner ma vie avec mes dessins. Chaque scène de la vie quotidienne m’inspire, il n’y aucun doute : ma vocation, c’est le dessin.

Mes parents ne considéraient pas le dessin comme un art ni un métier d’avenir. Malgré cette divergence d’opinion, je voyais grand et rien ne m’empêchait de lire le maximum de livres illustrés dont des bandes dessinées, des contes...

C’est alors qu’en 2005, des graffeurs ont remarqué mes dessins. Je me suis ainsi entraîné facilement dans le monde du graffiti. C’est sûr, le Tag ne s’apprend pas dans une école, il se vit et se pratique sur le tas.

En 2008, j’ai assisté aux ateliers d’initiation, de perfectionnement et de professionnalisation en Bande Dessinée, animés par des professionnels comme Laval NG, Johanna Shiper ou encore Barli Baruti, dans le cadre du festival Gasy Bulles.

En 2009, j’ai intégré l’association de Bédéistes malgaches Tantsary. Je me suis faite publier pour la première fois dans une Bande Dessinée collective « 2ABD » éditée par Sary 92, puis dans une édition hors série de  la BD « Karapapaka »  avec le soutien de l’Alliance Française d’Antananarivo. Sur la même lancée, je suis devenue illustratrice et metteuse en page de la collection de fiche technique « Bolita » du CITE. J’ai également participé à la BD collective de l’association Tantsary en collaboration avec l’UNICEF sur les droits de l’enfant.  En 2010, j’ai gagné la première place du concours « Prix du public »  dans le cadre de Gasy Bulles.  

Aujourd’hui, j’accorde une nouvelle dimension à mes dessins en faisant du body painting et du maquillage artistique.

Mes aventures cinématographiques

 

Je suis une fille assez curieuse, j’essaye tout sans vouloir forcément m’attendre à ce que cela soit une réussite. En 2008, je me suis mise à réaliser des spots publicitaires, notamment des films d’animation. Dans la même période,   j’ai participé aux Rencontres du film court dans la session Kino. Pour parfaire mes techniques, j’ai alors participé aux ateliers d’écriture et de réalisation cinématographique auprès de Pascal Rey et de Raymond Rajaonarivelo.

Quand le graphisme rejoint la mode...

Un jour, on m’a appelé pour faire du body painting, je n’y connaissais pas grand-chose mais je me suis dit : pourquoi pas ?! C’était lors d’une soirée pour halloween. Dessiner sur un corps  fut une grande première pour moi. C’était une expérience plutôt réussie, mes dessins resplendissaient…

De fil en aiguille, je me suis lancée dans le maquillage artistique, où j'utilise de la peinture corporel, des pinceaux, de l'eau ... J’ai un spécial coup de cœur pour les tatouages polynésiens.

Le succès à portée de main ?

Mon parcours m’a permis  d’expérimenter les nombreuses disciplines artistiques, certes différentes mais complémentaires. J’ai, par exemple, pu mettre mes talents de graphistes au service de la mode, en faisant du body painting et du maquillage artistique. Mais je reste convaincue que pour arriver à un certain succès, il faut se « mouiller », s’essayer à tout. Toutes les expériences sont bonnes à être tentées.

Pour se faire un nom, il faut exploiter au maximum les attentes des clients. Bien sûr, bien établir un contrat au préalable, pour éviter les malentendus.  Il faut « valoriser  son art», tel est le message que je voudrais transmettre à mes amis artistes-illustrateurs. A Madagascar, en raison du contexte économique, les illustrateurs ont tendance à être sous-payés. Pourtant, quand on reconnaît la valeur de notre art, il faudrait lui accorder « la somme » qu’il mérite.

Question communication, à part le phénomène du bouche à oreille, il est aussi important d’avoir un site, un blog, ou une page Facebook. C’est toujours utile de communiquer sur nos activités et notre art. Mais aussi, tisser des liens avec d’autres artistes pour susciter d’éventuelles collaborations.

 


Le mot de la fin 

 

Merci au CRAAM pour cet interview, ensemble pour l’art et la culture…

Plus d’infos :

 
Blog: sleepingpop.blogspot.com

 


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