Ramah Razafimahefa: « je mise sur la spontanéité »   publié le 24/10/2013


Ramah Razafimahefa: « je mise sur la spontanéité »

Adepte de l’argentique depuis sa tendre enfance, Ramah fait son bout de chemin dans l’univers de la photographie.

Influencé par un père photographe amateur dans le milieu des années 90, très vite il prend en main le Canon AE-1 de la maison, et se forme en autodidacte. Je ne cesse de m’autocritiquer, sans ça je ne peux avancer, confie-t-il.

Aujourd’hui équipé d'un Nikon F2, Ramah a néanmoins gardé son penchant pour l'argentique. Cela me procure plus d'adrénaline et de sensations fortes par rapport au numérique. J'aime la spontanéité. Je m’attarde sur tout ce qui attire mon regard, me surprend et éveille mon cœur. Je n’aime pas retoucher, je respecte l'aspect brute avec toutes les imperfections qui vont avec, ajoute-t-il. La limitation du nombre de clichés sur la pellicule exige la prudence, une tension supplémentaire qu'il avoue apprécier. Ramah développe lui-même ses photos, dans son petit labo: Ma chambre noire c'est la cuisine de la maison, j'y fais moi-même mes tirages quand tout le monde est couché le soir.

Ramah aime faire des portraits d’Homme, notamment dans son quotidien et dans son environnement. Ma devise : faire des photos qui révèlent au mieux la personnalité du sujet, confie-il. De là son besoin de se balader partout, sans nécessairement penser à photographier. Des portraits qu'il préfère en noir et blanc, car plus expressif, loin du paysage coloré que l’on voit déjà tous les jours.

S'il a surtout appris seul, il admet être influencé par ceux qu'il considère comme des maîtres du noir et blanc: Raymond Depardon et Pierrot Men.

La photo chez Ramah, c'est un moyen de raconter, de transmettre un message et de donner sa vision personnelle. Des photos dénonciatrices qui montrent la réalité sans artifices. La mission d'un photographe selon lui: faire parler la photo à sa place. Sa référence bibliographique étant fidèle à son style: "Portraits - Photo pratique" de William Cheung.

Avec un boitier argentique, les surprises sont courantes, de là son meilleur souvenir: Un jour, à Antsirabe, j'ai photographié des vendeurs de fruits, mais quelque chose d'autre s'est immiscé dans mon cadrage, je ne m'en suis aperçu qu'après avoir développé le film. Le miracle du hasard, le tout formait une magnifique composition..., raconte Ramah.

Sa meilleure photo reste celle de ces deux enfants prise depuis le pont de Behoririka vers 17h30, au coucher du soleil. Les gens autour font leur vie, eux deux s’amusent à jouer. Leur emplacement donne l'impression qu'ils sont totalement séparés voire déconnectés du reste du monde...

Dans un secteur où le nombre de photographes − professionnels comme amateurs − ne cesse de grandir, Ramah estime que l'on progresse, mais que le plus gros reste à travailler au niveau de la personnalité de chacun.

Contacts : +261 33 11 174 38
leramah197@yahoo.fr
 

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