Focus sur Tojohery Rajaona Randresiarivony   publié le 30/09/2013


Focus sur Tojohery Rajaona Randresiarivony

J’aime faire rêver à travers un cliché...

On m’appelle Tojohery Randresiarivony. On m’a toujours dit que j’étais un rêveur passionné (rires). Si au début je me prédestinais à être un grand cinéaste, il y a quelques années,  c’est en visionnant les clichés d’un ami photographe Zo Ratovonirina − devenu par la suite mon mentor − que m’est venue  l’envie dévorante de devenir photographe.

Côté style photographique, je n’ai aucune préférence en ce qui concerne le noir et blanc ou la couleur.  Il s’agit surtout d’une question de feeling du moment. Mais il est vrai que certains clichés sont plus « expressifs » en noir et blanc du fait que le regard du spectateur se fixe d’emblé sur le sujet principal. De l’autre côté, je ne vois pas pourquoi on se priverait de cette invention extraordinaire qu’est la couleur en photographie.  Rien de mal à apporter un  peu plus de couleurs et de gaité en ce monde.

J’ai toujours admiré les œuvres des photographes malgaches comme Masy Andriantsoa, Rindra Ramasomanana ou encore Eric Ramahatra qui ont été les précurseurs de ce renouveau de la photographie à Madagascar. Leurs visions  ainsi que cette maitrise qu’ils ont de la lumière m’ont toujours impressionné. Ils sont également pour beaucoup dans cet engouement actuel des jeunes pour la photographie. Et pour ce qui est des étrangers, les clichés des photographes issus de divers horizons comme Depardon, Peter Lindbergh, Dave Hill, ou Alex Webb ont grandement contribué à consolider ma culture photographique.

Pour ma part, la vocation première de la photographie est d’immortaliser un instant, de relater une histoire à travers des images.  Par-dessus tout,  le photographe a pour mission de retranscrire une scène, raconter une  histoire, traduire / transmettre des émotions  à travers une vision subjective et personnelle pour réussir à tirer le meilleur d’un instant.  En bref, photographier, c’est l’art de sublimer un instant de vie pour faire rêver à travers un cliché.

Ma meilleure anecdote, c’était lors d’un reportage de mariage à mes tout débuts,  dans une église de la Capitale où en tant que photographe on essaye de rester discret pour ne pas attirer l’attention − ce qui est déjà assez difficile de par ma corpulence (rires). Manque de pot, au moment même où toute l’assistance observe un long silence, je trouve le moyen de renverser un vase en métal. Je ne vous dis pas le bruit que cela a créé en résonnant dans la salle et surtout tous ces regards tourné vers moi, un long moment de solitude !

Malgré la renommée de certains de nos aînés, je trouve que la photographie malgache a toujours manqué de reconnaissance. Toutefois, grâce à la mondialisation et l’avènement du web et des réseaux sociaux, je pense que ce manque de visibilité n’est aujourd’hui qu’une question de temps parce que la qualité et le regard de nos photographes sont déjà bel et bien là.


Contacts :     

+261 32 29 015 45

tojo.jazz@hotmail.fr

www.facebook.com/tojoheryrandresi          

 



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