Tolotra : « je suis le feeling du moment »   publié le 05/11/2013


Tolotra : « je suis le feeling du moment »

De cliché en cliché, Tolotra – de son nom complet Tolojanahary RANAIVOSOA – nous dévoile son rapport intime avec la photographie.

La ville m’inspire, j’aime les endroits où les gens vivent, là où il y a des bordels, les quartiers populaires... parce que je me sens un peu solitaire. De feeling en feeling, la plupart de mes instantanés, je les prends en marchant sans regarder le viseur. C’est comme si je parlais à quelqu’un sans le regarder dans les yeux. Je fais des photos pour raconter la vie des gens ou remémorer des lieux ou des instants. Comme la photo est un moyen d’expression, je mets également un point d’honneur sur les injustices sociales à travers mes clichés.

 

 

 

 

Noir et blanc ou couleur ?

Tout est une question d’humeur et de contexte. La photo d’une rue se prête bien au Noir et Blanc, par exemple. Depuis quelques temps, je prends goût  à la couleur (les parasols des taxi-fone à Tanà, les chaises à salons agencés sur le marché du COUM à 67 ha,...). Je suis énormément fasciné par tous ces  petits détails colorés.

Je suis influencé par les artistes qui ne savent pas ce qu’ils font notamment ceux qui n’ont pas d’idées préétablies avant de se lancer dans un projet artistique.  J’ai également beaucoup d’admiration à l’égard des artistes qui montrent peu leur  travail mais dont la technique se révèle ingénieuse. J’apprécie, entre autres,  le travail photographique de Pascal Grimaud, du Japonais Daido Moryiama et du Mexicain Manuel Alvarez Bravo.

Mes références ?

« L’appareil photographique », éditions Time Life, 1981 et  « Ce jour là », Willis Ronis.


La scène se passe dans la brousse, tard vers 23h, sans électricité. J’ai alors photographié  sous une faible luminosité, un vieil homme de 99 ans en train de boire du rhum avec nous. Résultat du compte, la photo était plutôt réussie ! Même en étant un tant soit peu dans un état d’ébriété, on peut faire de magnifiques photos.

Ma photo préférée est sans nul doute celle prise à Antsirabe à 06h du matin. Il s’agit d’une photo qui montre une scène d’abattage rituel de zébus. Je suis particulièrement satisfait d’avoir pris  cette photo  car  tous les éléments de mon identité photographique s’y  reflètent : le refus de la photo parfaite ou trop nette, le grain, le flou et ma fascination pour la photographie prise de dos. Je suis également intéressé par l’interaction entre l’Homme et l’animal.

Un photographe, selon moi, a pour mission de capturer ces instants de vie, de laisser une trace de son propre  temps d’existence et celui des autres. Actuellement à Madagascar, nombreux photographes œuvrent dans l’événementiel surtout pour les mariages.  Dans deux ou trois ans, espérons-le, nous assisterons à l’évolution progressive  de véritables artistes, de jeunes photographes qui ont une vision intime par rapport à la photographie et à son cher  pays.  

Contacts :

Tel: +261 33 17 076 07

Mail:  twolotrah@gmail.com

Facebook : Hr Tolotra

Portrait chinois

Si j’étais...

-        Une saison : l’hiver

-        Un animal   : un oiseau

-        Une couleur : vert

-        Une humeur : l’errance

-        Une émotion : la joie

-        Un objet : l’appareil photo

-        Une devise : « souriez à la vie et la vie vous sourira »

-        Un fruit : une mangue

-        Un climat : glacial

-        Un loisir : un domino

-        Un endroit : L’Himalaya

-        Un élément : Le ciel

-        Un phénomène naturel : l’éclipse solaire

-        Un instrument de musique : la guitare

-        Un mythe : Ikotofetsy

                                                                                       


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