Rijasolo : « photographiez comme si vous alliez mourir demain »   publié le 15/10/2013


Rijasolo : « photographiez comme si vous alliez mourir demain »

Figurant parmi les grands noms de la photographie malagasy, Rijasolo témoigne de son obsession passionnelle pour l’art de la photo.

Si votre style photographique était une personne, à quel(s) terme(s) l’auriez-vous associé ?

Je dirais «imparfait » vu mon obsession par rapport à la recherche constante de mon style.

Noir et blanc ou couleur ?

Noir et Blanc sans aucune hésitation! La couleur parce que c'est une exigence du client.

Vous faites des photos pour raconter ? Pour dénoncer ? Pour faire rêver ?

« Raconter » oui à 100%, « faire rêver » je l'espère ! « Dénoncer », non. Le photographe se doit d'être présent et de faire son travail de témoin, mais il ne peut et ne doit pas aller plus loin que ça.

Pouvez-vous nous parler de votre photo préférée, celle dont vous êtes le plus satisfait?

Je ne sais plus quel photographe a dit un jour « la meilleure photo c'est celle que je vais faire demain »... et bien, cette citation me va très bien.


Quelles sont vos influences ? Vos inspirations ?

Côté influences, j’ai une admiration particulière pour les photographes documentaires, surtout ceux qui racontent leur vie et leurs expériences extrêmes. Je suis également fasciné par les photographes qui accumulent et collectionnent des photos sans but précis autre que de les faire. J'apprécie aussi les photographes qui capturent des instants, avec ardeur et obsession, sans limites et sans autocensures, notamment ceux qui passent des mois, des années sur un même thème (quelque soit le thème) et qui constituent, parfois sans le savoir, une œuvre qui servira forcément aux générations futures.

Quelle est votre meilleure anecdote de Photographe ?

J'étais en vacance avec ma femme, accompagné de mon boitier préféré. Mais celui-ci me lâche, problème mécanique, il ne fonctionne plus du tout ! Un peu dépité, je décide finalement de photographier nos vacances exclusivement avec mon smartphone équipé d’une petite application qui donne un rendu polaroïd aux photos. Le résultat était surprenant ! J’avais exactement ce que je voulais en termes de rendu et d'ambiance par rapport à ces vacances et je reconnaissais parfaitement ma façon de photographier à travers ces photos. Depuis ce jour je sais que je peux compter sur mon téléphone pour faire de bonnes photos ! :-)

Si vous étiez un manuel de photographie ?

Si j'étais un manuel de photo, la partie « technique photo » tiendrait sur une page, par contre la partie « histoire de la photo » et « liste des livres photos à étudier » serait énorme. Je mettrai également un chapitre consacré à l'histoire de l'art et du cinéma.

La mission d’un photographe selon vous ?

« Témoigner » est le maître mot d’un photographe : témoigner de la vie des autres et de sa propre vie (ses obsessions, ses angoisses comme ses joies...). Faire des photos toujours, n'importe où, n'importe quand pour garder une trace du passé. Et puis dans la mesure du possible, montrer les images qui ont été récoltées / réalisées.

D’après vous, quel avenir pour les photographes malgaches d’aujourd’hui ?

L'avenir est bon pour la photographie malagasy. Le matériel est enfin accessible, les techniques de prises de vue sont très bien maîtrisées. Mais comme je le disais plus haut, après avoir maîtrisé cette technique, il faut vite l'oublier, ne plus y penser, il faut se concentrer sur le sujet choisi, savoir trouver sa personnalité photographique et artistique. La photographie malagasy a encore besoin de trouver une identité propre à elle, cette identité peut se retrouver dans les sujets photographiques choisis, une technique de prise de vue particulière, une façon de montrer un travail photo... Mais en tout cas, l'identité photographique malagasy ne saurait être qu'une simple copie de ce qui se fait dans le monde et ce qui s'est fait dans le passé.

Un message à faire passer ?

Si vivre de sa passion est une chance, cela ne signifie pas que c’est facile et sans contrainte. Il ne suffit pas de prendre de jolies photos, il faut aussi énormément de travail, de persévérance (voire d’acharnement parfois !), de compétences diverses et variées (comptabilité, commerciale, comunity manager, webmaster…), de travailler plus de 35 heures par semaine, savoir prendre des décisions stratégiques seul (ou presque) que ce soit pour définir les valeurs de son entreprise, sa politique de tarif, sa charte graphique, choisir les partenariats pertinents, et enfin aimer prendre des risques. Mais être à son compte c’est justement faire ses propres choix !



Portrait chinois Si j’étais...
Une saison : l'automne dans l'hémisphère nord pour la lumière
Un animal : le chat pour son indépendance
Une humeur : l'auto-satisfaction d'avoir réussi une photo
Une émotion : l'excitation photographique
Un objet : un appareil photo discret et qui soit tout simplement le prolongement de mon esprit.
Une devise : « photographiez comme si vous alliez mourir demain »
Un climat : la chaleur sèche et aride du Sud.
Un loisir : regarder des photos
Un endroit : ma chambre noir où je développais mes films et tirais mes épreuves,... et qui me manque beaucoup jusqu'à maintenant.
Un péché capital : l'orgueil car c'est ce qui m'a fait avancer dans ma photo.
Un phénomène naturel : un rayon de soleil qui percerait des nuages très sombre.
Un instrument de musique : la guitare car cet instrument m'aide à penser à autre chose qu'à la photographie.
Un mythe : une de mes futures photos qui serviraient peut-être un jour d'exemple dans les manuels de photographie.

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