Plateau 321 : appui aux jeunes chorégraphes malgaches   publié le 04/06/2014


Plateau 321 : appui aux jeunes chorégraphes malgaches

Lovatiana Rakotobe, chorégraphe et directrice de la Cie Lovatiana nous livre son regard sur la danse contemporaine et souligne l’importance de la mise en place du Plateau 321, programme d’accompagnement des jeunes danseurs-chorégraphes malgaches.

- La danse contemporaine selon vous ?

C’est l'expression d'une idée par les mouvements du corps, ce qui implique une importante recherche en fonction d'un thème adopté. La recherche permet de délimiter les gestes qui seraient le plus en accord avec l'idée, en essayant de pousser nos expressions au-delà du premier degré et de ce que l'on perçoit immédiatement et inciter ainsi à élargir la vision.

Le chorégraphie représente l'aboutissement final de cette recherche et de ce travail de réflexion, ce que l’on découvre le jour du spectacle.


-  Quelle place pour la danse contemporaine à Madagascar ?

J'ai commencé la danse en 1994 et j’ai remarqué qu’au fil des années il y a de plus en plus de danseurs qui se lancent dans la recherche chorégraphique, notamment la création. Le progrès est  palpable, même si le public a parfois du mal à tout saisir, car c'est difficilede « lire » et  « comprendre » la danse contemporaine. De plus, l'éducation du regard des spectateurs demande encore un certain travail. Les chorégraphes et les danseurs devraient considérer ce travail qu’il nous faut mener pour œuvrer à la démocratisation de la danse contemporaine à Madagascar. Ce problème de médiation artistique est valable pour d'autres disciplines comme les arts visuels et les arts de la rue.


-Quelles sont les difficultés majeures auxquelles les danseurs sont aujourd’hui confrontés ?

En dépit du nombre important de danseurs et de compagnies existants, les lieux de diffusion  et de répétition adéquats sont peu nombreux, voire inexistants. L’idéal serait de mutualiser des moyens ou de chercher un financement d’ailleurs pour aménager un endroit afin d’accueillir des répétitions et des résidences de création tout au long de l’année. Nous y travaillons tous chacun de notre côté ; c'est un besoin que nous avons en commun. Je pense à un studio de danse, un lieu adéquat pour des conditions de travail optimales, et pour recevoir également les chorégraphes venus d'ailleurs pour  former nos danseurs locaux.


-Qu’en est-il du Plateau 321 que vous avez mis en place ?

Le Plateau 321 est un projet d’accompagnement des jeunes chorégraphes pour finaliser une pièce chorégraphique avant sa diffusion nationale ou internationale. Co-organisé par la Cie Rary et la Cie Lovatiana à Antananarivo, le Plateau 321 comprend trois temps forts sous forme de festival étalé surneuf mois : janvier et avril derniers puis prochainement en  septembre. Au cours de ces trois périodes, une trentaine de jeunes chorégraphes bénéficient d’un soutien artistique, technique et au niveau conceptuel.

Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la Danse, le 29 avril dernier, nous avons entamé l'étape 2 du Plateau 321. Des spectacles de danse se sont tenus dans des centres culturels de la capitale du 30 avril au 4 mai au Cerclegermano-malagasy, à l’Institut Français de Madagascar, au Tahala Rarihasina, au Chapitô Metisy Andravoahangy et à l’Office national des Arts et de la Culture,présentant ainsi les travaux en cours. Chaque prestation a été suivie d’un temps de discussion et d’échange afin d’avoir un feed back de chaque proposition artistique.

L’accompagnement de ces chorégraphes vise à déterminer et à préciser le choix du chorégraphe dans son propos thématique, son langage artistique et sa scénographie. L’objectif général du Plateau 321 est de pousser les jeunes talents malgaches vers la recherche et l’innovation artistiques pour une meilleure performance sur scène. Ce dispositif vise aussi à favoriser l’échange interdisciplinaire et interculturel entre chorégraphes, c’est-à-dire entre les « aînés » et la relève. À noter que le Plateau  321 n'est pas seulement réservé aux Tananariviens, les danseursdes provinces sont aussi concernés.

 

Le mot de la fin ?

Puisse le domaine de la danse et de l’art en général continuer à faire rêver le public et agir pour le développement culturel de la Grande Île.

Pour découvrir l'annuaire des danseurs malgaches: 

Lien vers fiche : Lovatiana

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