Luck Razanajaona: pour un renouveau du cinéma malgache   publié le 04/12/2013


Luck Razanajaona: pour un renouveau du cinéma malgache

Le cinéma malgache est un cinéma jeune et frais. L’envie des jeunes de produire avec peu de moyens est très révélatrice d’un besoin d’expression...

RAZANAJAONA Ambinintsoa Luck
Cinéaste, Scénariste

Né en 1986 à Antananarivo

Diplômé de l’Ecole supérieure des Arts visuels de Marrakech (Maroc),

Luck Razanajaona entend bien positionner Madagascar dans les circuits internationaux du cinéma.

 

 


Fin des années 1990, Luck Razanajaona opte pour une carrière artistique et expérimente : musique, arts plastiques, slam. Mais c’est finalement le cinéma qui l’emporte et sa passion s’affirme lorsqu’il tourne en stop motion son premier court-métrage Un peu de lumière dans l'ombre du break. Le 7e art est, pour lui,  l’outil par excellence qui lui permettra de partager sa vision du monde et de la société malgache en particulier.

Il décide alors de consolider ses acquis en intégrant l’Ecole supérieure des Arts visuels de Marrakech (Maroc). Un tournant décisif pour sa carrière de cinéaste où la plupart de ses projets de films ont pris forme. A son retour à Madagascar, il réalise plusieurs courts-métrages et documentaires, tous produits par Rozifilms.

Parmi ses œuvres, Le Zébu de Dadilahy, une fiction de 24 minutes, a été présenté au Short Corner lors du Festival de Cannes (France) en 2012.  Tourné dans le sud de Madagascar grâce au soutien du Fonds Serasary (fonds d’aide à la réalisation et production de courts-métrages malgaches), ce film est un retour aux sources où l’on peut réfléchir  sur l’imaginaire malgache sous une autre forme plus contemporaineIl reflète le mode de vie des villageois de l’Ankaiasy et fait découvrir certaines traditions malgaches comme le tso-drano  [bénédiction que donne le sage aux villageois] et le famonon’omby [sacrifice de zébus], confie le réalisateur.

En juillet 2012, Luck Razanajaona est sélectionné pour participer au 5e  Talent campus de Durban (Afrique du Sud). En marge de la 33e édition du Festival du film de Durban, Talent campus Durban  organise un master-class de cinq jours intensifs animé par des professionnels du 7e art.

A son retour à Madagascar, il finalise le scénario de son premier long-métrage Les Chants des tlous (120 mn). Ce projet  de film s’est déjà vu attribuer le prix Eclair de la Fabrique des Cinémas du Monde (mai 2012) dans le cadre du  Festival de Cannes. Le film sera produit par Rozifilms, actuellement en recherche de coproducteurs. Le tournage est prévu pour août 2013.

Pour Luck Razanajaona,  le cinéma malgache est un cinéma jeune et frais. L’envie des jeunes de produire avec peu de moyens est très révélatrice d’un besoin d’expression. Il y a là un vivier de talents qui n’attendent que d’être formés et d’aller partager leurs imaginaires malgaches avec les cinémas du monde. 

Synopsis des Chants de tlous

S’inspirant de l'histoire des révoltes anticoloniales de 1940 à Madagascar, l’originalité du film réside dans la fusion entre son approche historique et sa dimension fantastique. Le tlou est un oiseau des forêts de l’est de Madagascar. Les rebelles imitaient son cri pour signaler une attaque à l’époque de l’insurrection de 1947. Grièvement blessé, le héros du film est un patriote qui se réfugie dans la forêt pour y mourir. Un esprit lui offre alors une seconde chance, une seconde vie… Pendant l'indépendance malgache, les idées, la force, la colère et le surnaturel ont tous contribué à un cocktail explosif visant les envahisseurs. Mais, en fin de compte, ces révoltes ont-elles changé quelque chose ? se demande Luck Razanajaona.


 


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