Mme Zo, cette dame pas comme les autres...   publié le 16/02/2015


Mme Zo, cette dame pas comme les autres...

On l’appelle Mme Zo, artiste tisserande qui ose des rencontres, des mariages, souvent des collusions poétiques, entre matières. Mme zo figure parmi les artistes participants au projet Art public à l’Université.

Il y a vingt ans encore, le tissage malgache était pieds et poings liés à la soie, à la laine ou au coton seuls, et se limitait à la confection d’étoles et de linceuls. Mme Zo alias Zo Artiss casse la monotonie et ose alors l’audace / la liberté / l’innovation… le contemporain. Puisant dans les savoir-faire traditionnels des tisserands de la Grande Île, elle construit ses propres métiers à tisser à pédales, recrute des jeunes filles en difficultés formées par l’Ong Manda, et offre une seconde vie, un nouvel élan au tissage malgache. Elle trame contre… Elle désacralise / dés-ennoblit la tradition en combinant les matières nobles — la soie — et les matières végétales ou recyclables — le raphia, le papier journal, les bandes magnétiques. Ses tissages prennent vite un aspect polysensoriel lorsqu’elle incruste / greffe de la cannelle, des clous de girofle, de la ciboulette.

Un nouvel élan au tissage malgache

L’inordinaire de son travail basé sur l’art textile a débuté il y a une vingtaine d’années à Antananarivo, tandis que le tissage se limitait à la confection d’étoles et de linceuls en soie ou en coton seuls. Mme Zo, avec humour et tendresse, a alors cassé la monotonie et osé la liberté. Elle a offert un nouvel élan au tissage malgache en faisant convoler en de singulières noces les matières les plus diverses, les nobles — la soie —, comme les végétales ou recyclables — le raphia, les plantes médicinales, la  cannelle, le piment, le poireau, la pomme, le papier journal, le fil de pêche, le plastique, les bandes magnétiques… Ce sont des « choses »  que j’aime. Avec moi, tout, je dis bien tout possède une seconde vie, voire une troisième, une quatrième…, confie Mme Zo. Mme Zo en osant ces collusions poétiques entre matières nous amène à ressentir avec force l’existence du monde / des mondes, à (re)poser un regard attentionné, émerveillé sur les « choses » de la vie.

 

Les mille et un tissages de Zo Artiss...

Les mille et un tissages de Zo Artiss racontent toute la diversité végétale de l’île Rouge, et son intimité aussi (de la paille verte de l’Est — très résistante — à la paille grise du Sud — plus fine et douce). Son atelier est une vraie matériauthèque, l’encyclopédie végétale de Madagascar dont on ne compte plus les volumes et que l’on compulse pour trouver matière(s) à créer/recréer… Sacs, chapeaux, décorations murales, mille et un accessoires. Le tissage dans tous ses états et… naturellement malgache.

Entre tissages-performances qui jouent de l’éphémère (panneau de piments tressés), tissages désignés (abat-jours, stores, vêtements) ou œuvres d’art singulières, l’univers de Mme Zo a été présenté à la Biennale internationale de design de Saint-Etienne (2002 et 2004), la Biennale Dak’Art (2000 et 2002), au National Muséum of African Art à Washington DC (2004), à la Triennale de la Tapisserie en Pologne (2007), entre autres.

 

Plus d’infos :L'Art public durable au coeur de l'Université

 

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