Mar’na et Berto optent pour du folk inédit   publié le 05/03/2014


Mar’na et Berto  optent pour du folk inédit

Au-delà des clichés folkloriques et à contre-courant des musiques de variété diffusées massivement à Madagascar, le duo Mar’Na&Berto joue du folk malgache inédit, épuré, libre tout en étant profondément enraciné dans la culture musicale malgache.

Installée en France depuis 2010,  Marina Razanasoa alias Mar'na est originaire de Mahajanga ; Berto (Moravelo Gilberto), son acolyte, vient, lui, de Fort-Dauphin, la capitale du mangaliba. Leur rencontre, en 2007, a donné  lieu à plusieurs collaborations  − dont la participation de Berto à l'album  Marovoay. Formé en 2012, le duo joue une musique folk malgache où toutes les vibrations de la Grande Île s'(entre)mêlent. Une sincérité et une émotion palpables, portées par les trépidations d'une « mandoline » atemporelle. 

 

Détour sur leur parcours atypique…

Mar'na: auteur-compositeur, guitariste et chanteuse

Mar’Na  a débuté à Mayotte, où elle vivait alors. En 2004, elle rencontre un guitariste malgache Namavao avec qui elle fonde le duo Namavao&Marina. Sur une base guitare-voix, le groupe enregistre son premier album TyNdaty  en 2005. Leur style se caractérise par un parti pris acoustique fort et un métissage harmonieux des différents genres musicaux de la Grande Île. Le deuxième album Valovotaka est réalisé dans le même esprit mais, cette fois, enregistré à Antananarivo.  Opus auquel se sont joints quelques artistes comme Médicis, Tsiôta, Baba, Donne Sahondrafine, Flolf.

Après ce duo, elle sort son premier album solo : Marovoay (2012) en hommage à sa ville natale. Pour enregistrer cet album, Mar’Na s'est entourée d'amis artistes rencontrés en chemin comme Berto (mandoline), llay (guitariste originaire de Mahajunga), Petit  (percussionniste), Mania (marovoany, valiha, chant), Sana (chant),  Surgy (lokanga, chant),  Benny (guitare, chant), Soa (kabosy, iijy)…

Mar’Na signifie « vrai » en malgache, une chanteuse dotée d’un style très particulier et sincère, où se mêlent rythmes du Sud, mélopées sakalava et mélodies betsileo.  A la croisée des styles musicaux de la Grande Île, Mar’Na partage un folk intimiste, parfois nostalgique ; sa voix est profonde, sans fioritures, elle donne presque l’impression d’élargie l’espace.

Partie ensuite vivre en France, c'est en Bretagne que le duo Mar’na&Berto se forme et donne son premier concert en août 2012 au fameux Festival de l'île de Groix. Nourris par leur complicité et leur amour des musiques du sud de Madagascar, le duo se produira le mercredi 5 mars au Buffet du Jardin à 19 heures.

Berto: Mandoline, Chant

Berto [Gilberto Moravelo] est un artiste originaire de Fort-Dauphin (sud-ouest de Madagascar). Auteur-compositeur, multi-instrumentiste et mandoliniste virtuose, il a fondé le groupe SEVA à Madagascar, tout en portant en lui la vibration de sa région natale. Il a collaboré avec de nombreux groupes malgaches et participé, notamment, à  l'album Marovoay de Mar'Na [titres : « Lahylny » et « Mpiarakandro »]. Membre du Ny Malagasy Orkestra, il a effectué de nombreux concerts en Europe.

Pour écouter et voir  Mar’Na

Bon à savoir :

    Le mangaliba est le style de musique de l’extrême Sud de Madagascar. Ce genre de musique aux rythmes ternaires a été popularisé par Hazolahy et Dadah de Fort-Dauphin.

   La mandoline est un instrument à cordes pincées qui prend ses racines en Italie. C'est un petit luth à manche courte que l’on retrouve dans la musique tant classique que populaire ou traditionnelle, notamment dans les pays méditerranéens, mais c'est la chanson napolitaine qui lui a donné ses lettres de noblesse.

   Le marovoany (prononcer marouvane ou marovane) est un cordophone de Madagascar. C’est une sorte de cithare, une variante de la valiha, utilisé dans les régions de l’île – l’Ouest essentiellement – où le bambou ne pousse pas. Le marovany est une caisse en bois ou en tôle de forme plus ou moins parallélépipédique dotée de 8,10 ou 12 cordes sur chaque flanc. Les cordes sont en fil de fer, de section plus importante que celles de la valiha tubulaire. Le marovany a un son plus grave et plus sourd qui s’adapte mieux aux rythmes syncopés et rapides.

 


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