Chronique d’une croqueuse au CRAAM   publié le 02/03/2015


Chronique d’une croqueuse au CRAAM

Durant l’après midi du 28 février dernier, la croqueuse Marisoa Ramonja, accompagnée de Silo l’ange musicien, nous a offert un délicieux moment de partage « intime » portant sur le thème de « la femme, son désir, sa liberté

Ce cabaret, décalé et sensible, met à l’honneur la femme et son désir. Une diva entre en scène. Elle est drôle, sexy et provocatrice : « Bonsoir et bienvenue dans notre cabaret sensuel. Au programme : désirs, fantasmes, tabous, orgasmes. Etes-vous prêts à aller jusqu’au bout ? » Sous nos yeux, cette femme donne vie aux oubliées, aux ordinaires, aux « hystériques », aux guerrières.

Son corps rit, frissonne, tremble, pleure, crie, chante, vibre, exulte, jouit, brille, s’éteint, se dresse, se déploie, triomphe… sous le regard bienveillant de son ange musicien, qui se fait homme et inspire la rencontre.

Drôle et touchante, cette femme partage ses réflexions sur la condition des femmes aujourd’hui, ici et ailleurs, en société et dans leur intimité. Elle emporte le public avec générosité, le met à contribution pour une initiation collective à la joie et à la liberté !

« Il s’agit d’une variation sur le corps féminin pris en otage sous toutes les latitudes, secoué par la dinguerie des hommes, de la consommation sexuelle aux avortements clandestins. "La croqueuse" et son pianiste sont les vaillants acteurs d'un texte habile et surprenant. L'humour décapant des situations, et le caractère clownesque, extraordinairement plastique des expressions de Marisoa Ramonja valent à eux seuls le détour ! », confie l’auteur Fabrice Loi.

Un cabaret décalé et sensible pour... quoi ?

De la musique, de la légèreté, beaucoup d’humour et de sensualité. Chroniques d’une croqueuse est un cabaret décalé, tantôt intimiste, tantôt déjanté, tantôt grave, tantôt drôle, tantôt bouleversant ; burlesque. Sept tableaux pour jouer avec les couleurs. Pour créer du relief, des contrastes. Amener le rire dans la gravité. Donner à entendre des réalités quotidiennes sous un jour inhabituel, peut-être dérangeant. Se servir des clichés, les manipuler, en jouer avec excès.

Sept tableaux pour défier le temps. La narration n’est pas linéaire. Libre à chacun de suivre sa propre chronologie. Plusieurs entrées possibles. La croqueuse est une femme caméléon. Elle dévoile plusieurs facettes. Chaque facette représente-t-elle une femme différente ?

La croqueuse en scène...

Une femme en quête d’amour et de liberté. Un éventail de constats. Des prises de conscience. Le refus de toute forme d’aliénation. Le poids du regard social. La peur. Le courage requis. La croqueuse a quelque chose à voir avec le clown. Elle se laisse regarder en profondeur. Elle joue de sa fragilité, de sa folie. Fait rire, malgré elle, par ses ratés et ses malheurs. Elle ne démontre rien. Plusieurs femmes parlent à travers elle, peut-être une seule et même femme. Une femme sensuelle. Charnelle. Pétillante. Une femme qui ne veut plus plaire coûte que coûte.

La musique...

Chroniques d’une croqueuse est un spectacle définitivement musical. Au total, sept compositions de musique populaire: de la chanson rétro/guinguette au tango en passant par le blues et le boogie. S’ajoutent des interludes. Tantôt l’écho de ce qui vient de se vivre, tantôt le pont qui relie deux rives, tantôt la voix de l’ange musicien. Ce dernier – pianiste et accordéoniste - est sur scène pendant toute la durée du spectacle. Caméléon lui aussi, il est tour à tour ange gardien, homme revendiqué, acteur, témoin pris à parti, victime du désir débordant…

Un rituel avec le public

Avant d’entrer dans la salle, un petit carton est remis à chaque spectateur/trice, sur lequel il/elle peut inscrire « son désir intime le plus fou » dans l’anonymat. Lors du rituel final, la croqueuse récupère tous les cartons et libère publiquement les désirs. Ensuite vient la communion. Chacun(e) est invité(e) à choisir un partenaire pour le bal final : sorte de rite initiatique de l’amour et de la liberté.

Interpeller les spectateurs. Les déranger un peu. Après une longue traversée intime et parfois impudique, la rencontre avec des émotions premières, ce moment de partage et de contact physique, est un acte symbolique fort. Un pas vers l’autre. Une issue de secours à la solitude et à l’individualisme ambiants. Une danse. Un chant de jouissance. De la chaleur. La place pour quelque chose de définitivement nouveau !

 

Plus d’infos :Facebook : Chroniques d’une Croqueuse

 

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