Jazz à l’U initie à l’électro-jazz   publié le 21/10/2013


Jazz à l’U initie à l’électro-jazz

Après les passages du Jazz Club de l’Université et du JAV, la scène du Jazz à l’U s’est électrisé.

publié le
15 octobre 2013
 

Ce projet de faire travailler un DJ réunionnais avec des artistes malgaches s’inscrit dans le cadre d’une volonté de renforcement de la coopération régionale entre Madagascar et La Réunion. Une résidence de création s’est tenue en amont du concert, les 7 et 8 octobre, au Jao’s pub. Le DJ Amori à la platine, Nicolas Vatomanga au saxophone, Joël Rabesolo à la guitare et Jao de Mparakandro au micro.

Durant notre passage dans les coulisses de Jazz à l’U avant leur montée sur scène, les musiciens nous ont confié leurs impressions sur cette aventure improbable qui (entre)mêle rencontre, partage, recherche et découverte.

Le DJ Amori nous a parlé de la difficulté de faire rencontrer ces univers musicaux.
« J’ai amené à Madagascar des morceaux déjà mixés. Avec les musiciens, on a travaillé à ce que tout soit bien synchro. Il faudrait que les musiciens n’en fassent pas trop, qu’ils puissent glisser dans les boucles. Ce n’était pas très évident au début. Pour ma part, j’en ai déjà fait l’expérience avec des musiciens en métropole. »
Joël Rabesolo, quant à lui, partage sa difficulté de se fondre dans les morceaux déjà préparés. Il faudrait que chaque musicien puisse y trouver sa place.« Au début, c’était assez difficile pour moi de glisser dans les boucles avec ma guitare, étant donné qu’il s’agit d’un playlist déjà travaillé, confie-t-il. »
Le saxophoniste, quant à lui, évoque l’enjeu d’une telle rencontre.« On ne va pas se contenter de jouer pour jouer. Notre défi : miser sur l’interculturalité et la spiritualité. Il faudrait à travers nos morceaux espérés bien synchro de susciter des réactions et des réflexions, genre quoi et sur quoi? De l’électro-jazz à Madagascar, c’est tout à fait possible... Mais il faudrait consacrer beaucoup de temps pour ce genre de travail de recherche. »

Tout à fait ! Et avant de se lancer dans un projet d’une telle envergure, il faudrait que chaque musicien connaisse au préalable le travail de l’autre avec qui il joue. Comme on dit : « le savoir c’est le pouvoir ! », une grande recherche musicale s’impose.

 

Lors de leur passage sur scène, tandis que le DJ Amori passe ses morceaux à la deep house préalablement travaillés, le saxophoniste Nicolas Vatomanga déploie son impressionnante palette de talents en alternant saxophone et clarinette. Le guitariste Joël Rabesolo gratte, pince, et triture sa guitare et va jusqu’à improviser avec les effets. Sans oublier Jao de Mpiarakandro, qui lui, adapte ses textes tantôt chantés, tantôt parlés, à toutes les formes musicales.
Leur passage tant attendu a été accueilli avec plus de curiosité que d’enthousiasme. Comment raisonnent jazz malgache et musique électronique, qui est issue de la culture européenne ? Telle était la question qui turlupinait les spectateurs.

« Fusionner les cultures musicales n'est pas aussi évident que ça n'y paraît mais on l’a fait. Il s’agit, pour moi, d’une merveilleuse expérience culturelle improbable à la fois riche en rencontre humaine et artistique entre quatre univers différents », confie le DJ Amori.

Cette résidence de création avec le DJ Amori de La Réunion s’est tenue grâce à la convention de partenariat signée entre l’IOMMA – Indian Ocean Muzik Market et le CRAAM, et le concours amical de la cellule de projet de coopération franco-malgache Art Mada 2.



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