Les opérateurs de festivals malgaches (ré)agissent d’une même voix   publié le 18/03/2014


Les opérateurs de festivals malgaches (ré)agissent d’une même voix

Un atelier en vue de réunir et d’accompagner les responsables de festivals à mieux appréhender l’organisation de leurs événements se tient du 3 au 8 février à la Bibliothèque nationale.

Madagascar compte aujourd’hui un nombre important de manifestations culturelles dont une quinzaine à portée internationale.  On peut compter en moyenne un festival par région.

Suite à l’arrêté n° 177/2013 « portant reconnaissance des Evénements Culturels Phares (ECP) », pris en 2013, et la clôture définitive du projet de coopération franco-malgache Art Mada 2 (2009-13), il était important de « ré-outiller » les responsables de festivals au vu des principes et objectifs définis dans cet arrêté. Pour ce, le projet Art Mada 2 et le sous l’impulsion du projet Art Mada 2 et le Ministère de la Culture et du Patrimoine ont confié l’organisation de cette session de formation participative à destination des responsables-directeurs de festivals à Madagascar au Parcours Médiation et Management Culturels (Université d’Antananarivo), et la coordination pédagogique à Gaïa Solutions.

Des objectifs prédéfinis

« A l’issu de cet atelier, nous  dresserons un état des lieux du secteur "festival" à Madagascar, ce à travers les regards croisés des diverses parties impliquées (opérateurs, secteur privé, Etat, bailleurs de fonds et partenaires internationaux...) »

confie Nicolas Blanchais, directeur de Gaïa Solutions.

L'atelier réunit ainsi une  vingtaine d’opérateurs de festivals (Mitsaka / Est, Zegny Zo / Nord, Mamahoaka / Hautes Terres, Volambetohaka / Sud,...), plusieurs représentants institutionnels (Direction des Arts et de la Promotion Artistique - DAPA, Office Nationale des Arts  et de la Culture - OFNAC,  , Direction Générale de la Culture, fédérations artistiques, confédération des syndicats d’artistes, Université d’Antananarivo), la coopération française, le secteur privé et le Centre de Ressources des Arts Actuels de Madagascar (CRAAM).

Serge Henri Rodin, responsable du Parcours Médiation et Management Culturels,   insiste sur le fait qu’« il s’agit d’un atelier interactif  pour une mise en réseau, une meilleure mutualisation des ressources, un partage optimal des informations / acquis / expériences / blocages à l’échelle nationale ».

Une semaine riche en contenus et échanges

Plusieurs points seront traités  durant cet atelier, notamment  de la conception à la réalisation d’un festival, au vu du contexte économique actuel de la Grande Île :

  Analyse des grandes étapes de la préparation d’un festival : constitution d’une équipe (organigramme) et répartition des tâches, établissement d’un chronogramme, direction artistique,  lieux et contraintes techniques,  sécurité et autorisation, avant-programmation, expertise des coûts de réalisation, établissement d’un budget prévisionnel, montage du projet, recherche de financements, suivi des subventions, visibilité de l’événement, élaboration de supports, le réseautage, relations avec les médias…;

  Analyse des techniques de management de projets culturels (subventions, gestion, administration, production, diffusion) ;

  Quelles actions de sensibilisation en direction de publics ciblés (enfants, personnes âgées, étudiants, commerçants, etc.), menées tout au long de l’année ?

  Le rôle de la médiation culturelle et de la presse culturelle ;

  Le bénévolat et ses limites.

Durant cet atelier, Pheap Poeung, administratrice du Festival des Cultures urbaines (Saint-Denis / La Réunion) témoignera de ses expériences sur l’administration, les techniques de management, la recherche de financements...

Des points très importants à aborder...

« Tout au long de cette formation, nous allons présenter et étudier la règlementation malgache relative à la réalisation d’Evénements Culturels Phares à Madagascar (arrêté n° 177/2013). Comment se positionne le Ministère en charge de la Culture, ses délégations en province et ses organismes rattachés par rapport à cet arrêté ? La place actuelle du mécénat et du sponsoring / parrainage ?... Tels sont les types de questions auxquelles nous essayerons d’apporter des réponses »

, confie Patricia Malalaharisoa, directrice de la DAPA

 « A l’issue de cette formation, j’estime qu’il serait important que les opérateurs de festivals agissent ensemble, en rédigeant par exemple une déclaration commune en faveur de la promulgation de la loi sur le mécénat, pourquoi pas ? L’application de cette loi est, sans nulle doute, une des solutions majeures pour encourager le secteur privé à s’impliquer, et ce avec noblesse et  philanthropie, dans le secteur culturel malgache »

, ajoute Hobisoa Raininoro, responsable du CRAAM.

Des séances riches d’échanges et de débats sincères permettront aux opérateurs de chaque région de s’exprimer sur leur « malaise / mal-être » en tant qu’entrepreneurs culturels travaillant dans un pays où la crise accentue la fragilité de la pérennisation de leur festival, où  la majorité des partenaires internationaux et du secteur privé ne sont pas habilités à soutenir le secteur culturel / les actions purement artistiques, sans oublier que la culture reste synonyme pour beaucoup, non de « levier de développement », mais de simple divertissement / loisir.

Pour palier ces handicaps majeurs, des idées, des pistes de changement et de revendications fuseront, on l’espère, de ces rencontres. Avec le retour progressif à l’ordre constitutionnel, les opérateurs de festivals, engagés par conviction et désireux de se professionnaliser, comptent ainsi (ré)agir ensemble pour défendre une seule et même cause : s’armer de moyens – financiers, mais aussi humains –, afin d’agir et de prouver à travers leurs actions qu’un pays ne peut et ne doit pas passer sous silence le secteur culturel.

... Intéressant à noter...

Le projet de coopération franco-malgache Art Mada 2 a pu organiser, en 2011, deux ateliers à destination notamment des responsables des principaux festivals malgaches à portée nationale et internationale, ce en partenariat avec l’Université d’Antananarivo :

  « Communication et marketing de projets culturels (festivals, rencontres, événements…) (78 h), en collaboration avec Percy YIPTONG (consultant, responsable de l’agence KoolKreol / Maurice) ;

  « Gestion et administration d’un projet culturel » (78 h), en collaboration avec l’équipe administrative du théâtre Le Séchoir et du Festival Leu Tempo (La Réunion).

En 2012 a été mis en place un atelier réunissant, entre autres, les principaux responsables de festivals et d’associations culturelles : « Analyse du cycle de montage d’un projet transnational UE-ACP », animé par Christoph Pelzer (consultant / Maurice) et Marion Matigot (Sakifo-Iomma / La Réunion).


Commentaires

  • Par : rodriguez.greta@gmail.com, 2014-02-10 15:59:12

    on veut des photos !! g

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