Les métiers d’art à la rescousse des bois précieux   publié le 31/07/2014


Les métiers d’art à la rescousse des bois précieux

A l’heure où les projecteurs sont braqués sur l’affaire brulante de « bois de rose », les artistes et les artisans tirent la sonnette d’alarme. Loin d’être de simples spectateurs de cette situation alarmante, ils ont leur mot à dire et leur rôle, notamment dans l’assainissement de cette filière.

Difficulté en approvisionnement

Œuvres d’artisans vendus au marché de coquillage de Tuléar

Madagascar, terre de richesse naturelle, compte actuellement 220 espèces de bois d’ébène et 250 espèces de bois de rose. Ces bois d’une grande valeur marchande se font de nos jours de plus en plus rares à trouver en raison de la recrudescence de leur surexploitation. « Car les bois dépendent les uns des autres, près de 14.000 hectares de forêts naturelles ont été détruites à cause de la coupe et de l’exploitation illicite de bois de rose dans le Nord», confie Andry Andriamanga, coordinateur de l’Alliance Voahary Gasy.

Aujourd’hui, cette crise nuit au marché des travailleurs du bois. Lors de notre investigation sur la filière bois précieux dans la région Atsimo Andrefana, des artistes et artisans locaux ont témoigné de leurs difficultés à trouver ces ressources. « Si avant je pouvais produire en une journée dix statuettes en bois de rose et en bois d’ébène, aujourd’hui, je n’en fais plus qu’une dizaine faute de matériau », confie André Rakotolava, artiste-sculpteur de Toliara.

Tourneur sur bois, sculpteur statuaire, ébéniste, peintre sur bois..., les artisans se débrouillent comme ils peuvent pour trouver du bois. « Tantôt on récupère des bois qui tombent dans les forêts, tantôt on achète chez des menuisiers. Nous ne sommes pas comme les trafiquants de bois précieux qui pillent illicitement nos forêts pour ensuite vendre tout un container. Il en faut peu pour faire des objets d’art », explique Folina, artisan local.

Désormais, tous les moyens sont bons pour s’approvisionner : « Parfois, nous sommes obligés de nous approvisionner dans les marchés clandestins maintenant que c’est interdit. On peut avoir un mètre cube de bois d’ébène pour 300 000 Ariary; avant la crise de 2009, c’était deux fois moins cher. Même au marché noir, c’est très coûteux », ajoute André Rakotolava.

Pourtant, les bois de rose, d’ébène et palissandre, qualifiés de rares et de précieux, ont de tout temps accompagné la main des artistes et artisans malgaches dans leur travail. Ils sont et resteront leur matériau de (p)référence. « Ma femme et moi avons travaillé les bois précieux surtout le palissandre et le bois de rose depuis près de quarante ans. Ces derniers temps, l’approvisionnement est très aléatoire. Il y a des mois où l’on ne trouve pas de bois alors qu’il s’agit là de notre pain quotidien », confie Armand, artisan de Toliara. Conséquence : certains ont abandonné le métier, d’autres font de leur mieux pour rester dans le commerce… et survivre. Car ce n’est pas le talent qui manque à Toliara et ses environs.

Pour comprendre la raréfaction des bois précieux de la région Atsimo Andrefana et pour pouvoir répondre aux doléances des artisans locaux, il a fallu remonter à la source du problème : la déforestation accrue de la région Sud-Ouest.

Des bois précieux menacés d’extinction

Début de feux de brousse à peine deux kilomètres du parc Zombitse Vohibasia

La région Atsimo Andrefana fait partie des régions les plus atteintes par la déforestation. « Le taux de déforestation de la région s’élève à 0,8 %», confie Mevanarivo Zo Elia, chef du service de la Direction Régionale de l’Environnement de l’Ecologie et des Forêts (DREEF). Les pressions sur les
forêts sont généralement d’origine anthropique dans un pays exsangue économiquement comme Madagascar et leurs impacts constituent les principales menaces pour les cibles de conservation à Atsimo Andrefana. Bien évidemment, ces pressions n’épargnent pas les bois de grande valeur marchande comme le bois de rose, le bois d’ébène et le palissandre.  «D’ici une centaine d’année, la région Atsimo Andrefana risque de réduire à néant son capital en bois précieux au vu du taux de déforestation croissant », ajoute-t-elle. Aujourd‘hui s‘ajoutent à ce fléau d‘autres problèmes plus alarmants.

      Méconnaissance de la valeur des bois

A 147 km au nord de Toliara, à quelque deux kilomètres du parc Zombitse Vohibasia, dans le district de Sakaraha et d’Ankazoabo, des lambeaux de forêts victimes des feux de brousse longent la RN7. Un phénomène que les agents du parc ont du mal à maîtriser : « Le gros problème de notre région reste le besoin en bois d’énergie. Malheureusement, la majorité de la communauté riveraine ne connaît pas la valeur des bois précieux. Leur extrême pauvreté les conduit à opérer des feux de brousse dans les forêts naturelles, là où il existe le plus de bois précieux », évoque Gérard Razafidona, agent du parc Zombitse Vohibasia.

Lors de notre passage dans les villages aux alentours et dans l’enceinte du parc, près de 80% de la population de la communauté riveraine rencontrée n’opère pas de distinction entre un bois quelconque et le bois d’ébène même dans son appellation locale « malama safoina ». « Il y en a qui utilisent le bois d’ébène comme bois de chauffe étant donné ses caractéristiques facilement inflammables », ajoute l’agent du parc.

      Le phénomène saphir

Carrière illicite de saphir au sein du parc Zombitse Vohibasia

Un des fléaux majeurs qui touchent le parc Zombitse Vohibasia est le phénomène « saphir». La multitude et l'étalement des gisements ont conduit les mineurs à travailler au sein même des aires protégées. De nombreuses carrières illicites envahissent le parc. Le travail d'extraction des saphirs se fait sous l'œil aussi désarmé que coopératif du comité local du Parc (CLP), créé pour aider les agents à contrôler les zones sensibles. « Ce sont les villageois d’ici qui travaillent dans ces carrières illicites. La crise économique que traverse le pays a poussé toute une frange de la population vers ces activités informelles », confie Rebiby, membre du CLP du village de Lika. Comme l’implantation de ces carrières est illégale, aucune étude d'impact environnementale n'a été menée au préalable, d’où une dégradation dramatique du capital naturel du parc, y compris ses bois précieux. « Les carrières se démultiplient très vite au sein du parc. S’il y a un qui trouve du saphir dans une zone, près de cent personnes s’y ruent immédiatement », explique Gérard Razafidona, agent du parc.

 

« Si auparavant on trouvait tous les mètres un palissandre, désormais c’est tous les kilomètres », ajoute Justin Daniel du CLP.

      Un système de protection défaillant

A l’heure actuelle, la gestion du parc est rendue difficile faute de moyens techniques, financiers et humains. « Nous avons seulement dix agents pour couvrir l’ensemble du parc qui s’étend sur 36 308 Ha. Aujourd’hui, le problème d’insécurité et le manque de personnel mettent à mal nos activités de contrôle au sein du parc », confie Andriahery Randriamalaza, directeur du parc Zombitse Vohibasia.

De plus, les vols, très fréquents, de zébus dans la région empêchent les agents du parc de mener à bien leur mission.  « Nous n’osons pas entrer au cœur des forêts du parc ; les dahalo cachent les bétails volés dans ces zones», confirme Rebiby du CLP.

Ce système défaillant fait la part belle aux pillages illicites des bois précieux au sein du parc Zombitse Vohibasia. « A cause de l’insécurité provoqué par les dahalo, nous ne pouvons pas patrouiller la nuit, pourtant la majorité des délits s’opèrent soit la nuit, soit au petit matin », explique Gérard Razafidona, agent du parc. « De plus, nous n’avons pas les moyens de payer à 30 000 Ar par jour un gendarme pour patrouiller avec nous », ajoute-t-il.

      Une règlementation laxiste

Liste des textes juridiques depuis 1960 sur l’exploitation des bois précieux à Madagascar

Depuis 2000, les pouvoirs publics ont produit un nombre de textes, arrêtés interministériels, communiqués et notes ministériels, ainsi que des décisions provinciales et régionales mais qui restent difficilement applicables que ce soit au niveau national ou régional par manque de cohérence entre eux. Entre la volonté de « libéraliser » ou d’« interdire » l’exploitation des bois précieux à Madagascar, cette législation, laxiste, a finalement ouvert la porte à leur pillage illicite dans la région Sud-Ouest.

« Il faudrait revoir ces textes de loi. Les espèces utilisées depuis plus d’un siècle, comme les Dalbergia (bois de rose et palissandre) et les Diospyros (bois d’ébène) devraient être prohibées », soutient Lidsonne, chef cantonnement Écologie et Forêt du district de Sakaraha

Le problème de la législation doublé du contrôle défaillant des parcs permet donc aux nombreux délits opérés dans les forêts du Sud-ouest, à l’intérieur comme à l’extérieur des parcs, de prospérer. « Entre 2013 et 2014, nous avons déferré dix huit personnes pour avoir pillé illicitement des palissandres », déclare directeur du parc Zombitse Vohibasia. Loin des tapages médiatiques, les pillages illicites commencent à s’activer dans la région Atsimo Andrefana.

Malgré l’inscription des espèces de Dalbergia (bois de rose) et de Diospyros (bois d’ébène) dans l’annexe III de la convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages (CITES), les balises réglementaires n’arrivent pas à endiguer l’exploitation illicite de ces ressources dans cette région et presque dans toute l’île.

      Pas de structuration, pas de régénération...

Aucun programme d’inventaire ni de contrôle des bois précieux n’a été planifié et appliqué jusqu’à présent pour permettre une traçabilité efficace de ces espèces dans la région Atsimo Andrefana. Aussi, aucun programme d’aménagement ni de reboisement n’est proposé dans la région pour permettre une exploitation rationnelle des bois précieux tout en maintenant un stock total constant.

« Avec un bon programme d’aménagement et de reboisement, nous pouvons pourtant restaurer le capital perdu en bois précieux. Il est crucial de préciser que ces types de bois mettent une centaine d’années à pousser avant d’être exploitables », explique Andry Andriamanga, coordinateur national de l’Alliance Voahary Gasy.

Une étude portant sur les phylogénétiques forestières menées par le Silo National des Graines Forestières de Madagascar, dont la régénération de l’espèce Dalbergia (bois de rose et palissandre), est actuellement en cours. Ce type d’étude permettrait d’établir un programme de reboisement concret en matière de bois précieux, afin que cette ressource puisse être exploitée en maintenant un stock total constant.

Les bois précieux de Madagascar: une richesse tant convoitée

A l’heure de l’économie verte, plus de 50% de la richesse de notre pays réside dans son capital naturel. Un capital que le pays n’arrive difficilement - voire pas du tout - à quantifier pour constituer un véritable levier de développement économique.

Bois d’ébène dans le parc Zombitse Vohibasia

Les Etats Unis, l’Europe et la Chine sont ceux qui convoitent le plus les bois précieux malgaches. Les bois de rose et d’ébène servent, en effet, à fabriquer des instruments de musique, des pièces sculptées, des articles de décoration, des objets de bureau de luxe et des meubles au coût relativement élevé. D’après une enquête menée par Global Witness et Environmental Investigation Agency, ces types de bois, considérés comme des matériaux à forte valeur bien adaptés à la fabrication de meubles traditionnels, sont convoités par les riches hommes d’affaires et collectionneurs, ainsi que les fabricants d’instruments de musique (cas de l’affaire Gibson, un des plus grands fabriquants d’instruments de musique aux Etats-Unis).

Le marché américain du mobilier en bois de rose malgache demeure très spécialisé, ne comptant vraisemblablement que des pièces importées de Chine. Par ailleurs, des meubles en bois de rose richement sculptés sont vendus à des milliers de dollars dans les centres commerciaux de luxe à Pékin, Shanghai et la plupart des   grandes villes en Chine. 

Les prix des éléments de mobilier en bois de rose sur le marché du meuble de détail chinois sont considérablement plus élevés que ceux du bois brut. Une grande armoire peut se vendre au détail entre 15 000 et 20 000 € tandis que le bois brut entrant dans sa fabrication aura été vendu aux importateurs chinois 600, 800 €.

      Une valorisation en interne

Ce système d’exploitation des bois précieux par les pays riches devrait être un modèle pour Madagascar. « Si la Chine a trouvé les moyens de développer l’artisanat local en utilisant une matière richement valeureuse comme le bois de rose, pourquoi notre pays n’en ferait-il pas autant pour valoriser l’artisanat et le savoir-faire des artistes malgaches ? Et pas seulement ! Il y aussi les luthiers et les menuisiers qui sont en nombre grandissant dans l’île, et dont le talent ne manque pas», confie Daudet Rarivoson, directeur artistique du festival de tsapiky Antsahiry Lohariake de Toliara.

La valorisation du stock en interne serait une option intéressante pour transformer les bois précieux saisis. « L’idée serait en premier lieu de faire un appel d’offres destiné uniquement à des structures basées à Madagascar pour liquider les stocks de bois saisis. La vente devra être menée de façon transparente conformément aux principes de bonne gouvernance sous l’œil vigilant d’un auditeur indépendant international, des représentants de la communauté internationale et de la société civile. Les produits devront ensuite faire obligatoirement l’objet d’une transformation sous forme finie ici à Madagascar par des spécialistes avant toute exportation éventuelle », explique Andry Andriamanga, coordinateur de l’Alliance Voahary Gasy.

Cette valorisation en interne pourrait également répondre à un autre problème auquel sont confrontés les travailleurs des bois précieux à Madagascar, entre autres les artistes et les artisans. Il est en effet de plus en plus difficile pour eux de produire des objets d’art à partir de bois précieux, d’une part en raison de la raréfaction de la ressource, d’autre part en raison des difficultés que rencontrent leurs acheteurs à pouvoir importer ces objets.

      La création d’un marché international

Le développement rapide du pays repose actuellement sur la bonne gestion de ce capital naturel afin qu’il puisse être efficacement transformé en capital productif et humain. Dans ce dessein, Hobisoa Raininoro, responsable du Centre de Ressources des Arts Actuels de Madagascar (CRAAM), évoque l’idée de créer un marché international à Madagascar :

 

« Les structures propriétaires des rondins de bois, cette fois-ci légalement acquis, espérons-le, devront faire appel au savoir-faire des artisans, artistes, menuisiers, luthiers, designers ou autres, pour transformer ces bois en produits finis. Ensuite pourquoi ne pas réaliser une expovente, une foire ou même un salon international pour vendre les produits finis ? »

L’art et l’artisanat font partie intégrante de la richesse culturelle à Madagascar, ils l’enrichissent et la valorisent. Or, ce sont les étrangers qui s’y intéressent le plus. La création d’un marché international serait une idée intéressante dans la mesure où cela attirerait les plus grands businessmen de par le monde et redynamiserait ainsi l’économie du tourisme. Il s’agit là d’un système intenable vu la forte demande internationale sur nos bois précieux. Sans oublier de mentionner que plus une ressource est rare, plus c’est valeureux sur le marché international.

      Un plan d’action à revoir

Le plan d’action d’assainissement présenté le 7 juillet dernier par le Comité interministériel en charge de l’assainissement de la filière bois précieux ne semble pas avoir convaincu le Comité permanent du Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages (CITES) en raison de failles détectées dans ses modalités d’application. La politique du « zéro stock » ou la liquidation hâtive des bois saisis par l’Etat accentue la polémique sur le problème de transparence de la vente des stocks de bois saisis et du reversement des recettes générées. « Vendre ces stocks de bois illégaux saisis sur le territoire national et international de façon responsable afin de financer les efforts destinés à protéger la biodiversité de Madagascar serait une solution. Toutefois, six mois de délai pour exécuter cette phase de déstockage me semble un peu précipité », confie Tafika Razafimahatratra, issu de l’Institut d’Etudes Politiques de Madagascar. Pour y remédier, le Comité interministériel présentera un plan d’audit sur les stocks saisis.

 
 

Andry Andriamanga

 

« Il faut être bon visionnaire pour la gestion de ces stocks saisis… »


Forte de ses 32 associations, l’Alliance Voahary Gasy, est une plateforme de la société civile malgache œuvrant pour l’environnement. Son coordinateur national Andry Andriamanga soulève l’idée d’une valorisation en interne des stocks des bois saisis.

 

D’après vous, pourquoi le plan d’action pour l’assainissement de la filière bois précieux n’a-t-il pas convaincu le CITES ?

La volonté d’assainir la filière ne se traduit pas vraiment à travers ce plan d’action. Dans un plan, il devrait toujours y avoir une échéance, notamment un calendrier d’exécution bien détaillé. Il n’y pas de priorisation pour l’application des lois en vigueur. D’après l’article 4 de l’ordonnance n°2011-001, les exploitants de bois précieux réprimandés doivent être condamnés de 2 à 5 ans d’emprisonnement et doivent payer le double de la valeur commerciale des produits exploités. L’application des textes en vigueur profitera davantage au pays qu’une vente précipitée de bois de rose et d’ébène saisis. On a actuellement saisi des bois précieux sur 73 sites dans 11 régions de l’île. Cet argent récolté via l’application efficace de cette ordonnance devra permettre de financer le volet « audit des stocks » de bois saisis.

De plus, le volet « liquidation des stocks » n’est pas détaillé. Il y a eu trois études déjà effectuées concernant cette option de liquidation (plan juridique, faisabilité du marquage, de l’inventaire, de la sécurisation et du transport). Ces études ont été financées par la Banque mondiale à hauteur de près 600 000 dollars en 2013. Elles devraient donc déjà aboutir à un plan d’action de liquidation plus précis (placement des stocks, calendrier détaillé pour une vente éventuelle). Il est temps de valoriser ces études effectuées, peu prises en considération, pour améliorer le plan d’action. Voilà pourquoi le CITES a demandé à ce que le gouvernement fasse un plan d’audit des stocks (ceux déclarés par les opérateurs, les stocks saisis à l'extérieur, les stocks non déclarés dits sauvages, les produits placés à l'intérieur des forêts ou enterrés, et les stocks saisis par l'Etat), un plan à présenter pour la prochaine session en août 2015. J’étais un peu étonné d’entendre que l’embargo serait levé en février 2015.

Quel pourrait-être le mode de liquidation optimal des stocks saisis ?

Il est crucial de disposer d’une connaissance précise et fiable de ce stock initial de départ que l’on se propose de liquider. Ensuite, on peut citer la valorisation en interne. Premièrement, il faudrait catégoriser les types de bois, les premiers et les seconds choix. Pour les premiers choix, il faudrait lancer des appels d’offres auprès des entrepreneurs locaux et étrangers qui emploieront par la suite des artisans uniquement malgaches. L’appel d’offres devra établir des critères bien définis, l’éthique et l’antécédent de l’acheteur, entre autres. Cette valorisation en interne serait donc une source de création d’emplois dans la mesure où l’entrepreneur qui achète les bois saisis créerait une usine de type zone franche ici à Madagascar. Toutefois, le transfert de technologie est de mise, les artisans devront être formés en amont. Pour les bois de deuxième choix, leur prix serait abordable pour tous ceux qui sont en difficultés de se procurer ces ressources.

Dans ce cas, quelle serait la meilleure structuration pour cette valorisation en interne?

Avant de créer des usines et / ou entreprises pour transformer ces stocks, les principes de bonne gouvernance doivent impérativement être appliqués par toutes les structures concernées. Parmi les actions primordiales, on peut citer : la refonte du cadre règlementaire, la transparence des ventes et finances, le renforcement de la protection des forêts, l’établissement d’un plan d’aménagement et de reboisement, l’inventaire des stocks de bois précieux saisis et les arbres sur pied hors aires protégées, la définition du quota des bois restants exploitables, l’établissement d’un système de traçabilité, la sécurisation des ports et la lutte contre la corruption. Encore faut-il être bon visionnaire. On doit profiter de cette période d’interdiction pour définir toutes les méthodologies nécessaires pour un assainissement efficient de cette filière. Une fois toutes ces conditions réunies et respectées, on pourra alors parler de vente, de création d’entreprises et d’exportation.

par Prisca Rananjarison

 


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