Trafic de stéréotypes par Isaac Azaly   publié le 31/03/2014


Trafic de stéréotypes par Isaac Azaly

Que m’importent vos bocaux étiquetés, j’ai le mien et j’en suis. Que les galeux de l’intellect se frottent entre eux du prurit de dominer et d’être dominé, de frustrer et d’être frustré, de souffrir et de faire souffrir. (Isaac Azaly)

C’est l’histoire d’un artiste in-ordinaire, Isaac Azaly, qui cherche à faire peau, durant trois semaines, avec un lieu — le CRAAM —  , à accaparer / amadouer tous ses coins et recoins afin que ces derniers fassent corps et sens avec son oeuvre (collages, installations vidéo, toiles et sculptures). C’est l’histoire d’un artiste qui met en scène — en cause ? — un monde — notre monde ? — saturé d’informations où germent tous les stéréotypes sécrétés par l’éducation scolaire et familiale, les valeurs culturelles étrangères,ou non, les religions, la science et la technologie. Isaac Azaly porte un regard plus précis sur le monde qui l’entoure et aime partager ses réflexions, ses idéologies et ses questionnements à travers l’ensemble de son travail.

 


... L’engagement au bout des… mots

Quand Isaac s’exprime...

Est-il vrai que l’énergie individuelle est nécessairement vouée au travail, que nul n’échappe au
jugement des dieux, des hommes, de l’histoire, que tout se paie tôt ou tard, que raison et déraison
mènent le corps, qu’une existence vaut par son absence – par son sacrifice, son utilité, son image
de marque – et que l’autorité et l’argent l’emportent bien évidemment sur toutes formes de vérités
acquises, partagées et absolues ?


A cet embryon sociétal malgache difforme et dégoulinant de sueur, où la volonté devient viol, l’élan
de vie réflexe de culpabilité et l’ennui croissant des plaisirs de survie sont devenus la norme. A tous
ceux qui prétendent s’émanciper, ces soi-disant procureurs de la révolution, renifleurs de radicalité,
épiciers du mérite et du démérite, vous avez emprunté au pouvoir, exécré et vénéré tout à la
fois mais sachez que l’art se moque de l’hypocrisie des meilleurs dans le verre d’eau de la théorie.
Que m’importent vos bocaux étiquetés, j’ai le mien et j’en suis. Que les galeux de l’intellect se
frottent entre eux du prurit de dominer et d’être dominé, de frustrer et d’être frustré, de souffrir et
de faire souffrir.

Je cède au nécessaire ce que la survie m’arrache à l’abondance et aux défis de la créativité ce que
la vie m’arrache à toutes formes de nécessités.

L'exposition se tiendra du 27 au 16 avril 2014 au local du CRAAM. Une rencontre entre Isaac Azaly

et les étudiants se tiendra le mercredi 9 avril à 15 h.

... Isaac Azaly, artiste libertaire...

On l’appelle Isaac Azaly. Son nom d’état civil : Azaly Zakaria.

Peintre autodidacte malgache, originaire de Mahajanga (nord-ouest de Madagascar), cet artiste engagé
(enragé par moments ?!) se réfère régulièrement au grand peintre américain d’origine haïtienne
Jean-Michel Basquiat dans son habileté à retranscrire les conditions de son peuple, avec des images
souvent violentes, déchirées et déchirantes, ou dans la simplicité abstraite de ses tags. Le travail d’Isaac
émane de cette recherche de liberté et de la tradition afro-américaine. Ses créations faites de collages aux
couleurs vives et « tissées » de revendications libertaires sont une invitation à ne pas mâcher ses mots /
son regard / son être, mais aussi une invitation à approcher les énergies de l’ailleurs — Basquiat oui, mais
aussi l’univers Dada ou celui des surréalistes… —, un ailleurs qui n’est pas de tout repos pour les « âmes »
sensibles et confortablement assises dans la torpeur des jours ; cet ailleurs conteste, crie, se marre,
exulte…, dit : « Attention ! le degré zéro de la pensée est à nos portes… ».

Isaac Azaly joue de l’humour en s’accordant au rythme des mots qu’il puise dans ses coups de gueule…
de dents. Il décortique magazines et journaux, y puise expressions et mots pour étirer les idées sur la toile,
secouer les tics de la pensée ordinaire. Si ses peintures à mots mordent, c’est avec tendresse car Isaac
Azaly est fondamentalement / désespérément humain.


Isaac débute en 2010 lorsqu’il expose pour la première fois à l’Alliance française de Mahajanga, exposition
intitulée Afro Div’art et Couleurs musicales. Déjà on trouve ses thèmes de prédilection : l’affirmation de soi à
travers l’histoire de la lutte sociale afro-américaine et les vibrations de la Soul Music. En mai 2011, il poursuit
sa réflexion sur les contrastes du monde culturel noir et ses paradoxes qui donne « corps » à une série de
toiles exposées dans un lieu moins solennel, le Tiki Bar, lieu décalé situé sur la plage de Mahajanga. Une
expo-concept qui combine, fait résonner peinture et slam avec Joey Aresoa. En 2011 toujours, il réalise une
performance lors de l’ouverture officielle du festival I’trôtra à Mahajanga.


En 2012, Isaac Azaly sévit à Antananarivo ; accueilli à l’Is’Art Galerie, il présente L’Observatoire des Idioties
intellectuelles — un titre que l’humoriste français Desproges lui aurait sûrement envié ! —, un panorama
des déviances sociétales, des aberrations culturelles et des évidences cachées / camouflées.
Depuis, Isaac, anticonformiste (par désespoir ?) et lucide (par rage ?) aime (s’)exposer dans des lieux non
conventionnels, non homologués comme la Suite 101, Mama Benz, Mojo Bar, le CRAAM…, des lieux qui
brassent des publics atypiques, noctambules, rêveurs… en quête des vrais vivants ?
Isaac Azaly représentera la Grande Île avec Tahina Rakotoarivony au Festival d’art contemporain des
Comores (FACC), en juin prochain à Moroni.

— Quelques dates —
2010 / AFRO DIV'ART et couleurs Musicales / Alliance française
Mahajanga
2011 / Festival I'trôtra 7e éd. / Antananarivo
2012 / Observatoire des idioties intellectuelles / Is’Art Galerie /
Antananarivo
2013 / Code(s) Mélanine / Is’Art Galerie / Antananarivo
2014 / Futur Rhapsody / La Suite 101 / Antananarivo
2014 / « Fet' art 3 ans d' Is'Art » / Mojo Bar / Antananarivo

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